Mieux vaut en rire

écrit par murielle

Un nouveau « roman » fait les potins depuis quelques jours. C’est Mieux vaut en rire par Alix Etournaud, journaliste de presse écrite (Marie-Claire, Cosmopolitan, Marie-France, etc.).

Je ne compte pas le lire. L’histoire ne m’inspire pas et je déteste vraiment ce genre de livre destiné à un public féminin. Ouais car les femmes, toutes les femmes, veulent lire des histoires d’amour qui tournent mal chez les bourgeois, leurs tromperies, etc.

Zut alors, il va falloir se battre pour garder la maison de vacances sur l’Ile de Ré ou au Cap Ferret!

grrr  (ajouter ici d’autres onomatopées pour exprimer l’agacement)

Donc revenons en à l’histoire.

Une femme trompée par son compagnon, déjà père de ses deux premiers enfants, un richissime banquier d’affaires qui lui avoue une maîtresse appartenant au paysage audiovisuel français… alors qu’elle est enceinte de 5 mois de son troisième. De l’amour, du sexe, des larmes et du people… Oui oui j’ai bien dit « du people ». Le nom sera révélé à la fin de mon article.

Ce genre de livre est une horreur;  auto-fiction, roman à clé où l’auteur fait rarement preuve de talent d’écriture et préfère régler ses comptes avec l’ennemi rédigé par un(e) écrivain » avec ses entrées dans le monde de l’édition, argent et temps libre pour cracher sa haine de l’autre.

Comment dire…. écrire devient l’équivalent de brûler les fringues de son ex et graver « salope » sur la portière de la voiture de son ennemie.

Ce fut le cas entre autre de Justine Levy et de son Rien de grave où elle balance sur Carla Bruni qui lui a volé son homme. Carla devient Paula, « une femme Terminator, belle et dangereuse avec son visage refait, sculpté dans la cire, ce visage qu’elle a choisi sur ordinateur avec son chirurgien, une tueuse qui chie dans les ventilateurs »…

Et de PPDA et son Fragments d’une femme perdue où il balance sur son ex. Elle y est dépeinte comme une « pute », une « traînée », une « courtisane » aux « visqueuses fréquentations ». (Il fut d’ailleurs condamné à lui verser 33 000€ pour violation de la vie privée et pour le plagiat de sa correspondance).

Et voici donc maintenant Alix Etournaud qui balance sur …. roulement de tambour …. Marie Drucker en lui prêtant des surnoms pour le moins évocateurs : « la sorcière », « Miss Météo » ou « Gorge profonde ». Classe quoi …

Voici la présentation du livre par l’éditeur :

« J’ai un gros problème. Par ma faute. Il faut que je t’en parle. Ne m’en veux pas. Je t’aime fort. Juste toi ma chérie.  »

« Ne pas crever, ne pas crever avec son bébé dans le ventre, accoucher vite, à n’importe quel prix, pour redevenir comme avant, avant qu’il ne la trahisse, rester droite, digne, protéger les enfants, les deux grands et le tout petit que son père ne connaît même pas, garder le secret le plus longtemps possible, ne pas se taper la tête contre les murs, ne pas céder à la dépression, à la haine, à la facilité, à la médiocrité.
Se battre, se battre pour le reconquérir, lui ouvrir les yeux sans perdre son âme et surtout tuer publiquement la méchante, la célébrité en mal de publicité qui a mis le grappin sur l’homme qu’elle aime, qui en coulisse, traite son bébé de bâtard et qui n’hésite pas à balancer leur histoire dans la presse à scandale pour parvenir rapidement à ses fins.
Comprendre aussi. Comprendre ce qui leur est arrivé, comprendre qui est en face d’elle, déjouer, démonter, anticiper les manipulations perverses parce qu’on ne peut gagner qu’en connaissant parfaitement son adversaire. Elle sera la plus forte, elle sait attendre son tour, elle devine qu’il l’aime encore, d’ailleurs il le lui écrit tous les jours et bientôt toutes les nuits. Elle sera la plus forte, et après ? »

Et après? Après, ce déballage de linge sale sera un succès de librairie. Mieux vaut en rire…

Comments: 5

  1. je suis comme toi je n’aime pas les romans a l’eau de rose
    les romans ou il y a intrigues de l’amour tel qu’amants, tromperie et tout le bazar pour arriver au prince charmant …
    j’aime mieux les livres plus réalistes …

    • Oui mais c’est aussi le déballage de la vie privée qui me dérange. Et le coté revanchard de la chose. Je n’ai pas besoin ni envie de savoir leur histoire. Y’a plus de pudeur! Ni d’élégance.

  2. Je partage tout à fait ton avis Murielle, ce déballage médiatique de la vie privée, ces règlements de compte par livres interposés me donnent de plus en plus un sentiment de malaise. Ces « romans » d’autofiction n’ont souvent aucun intérêt littéraire et artistique. A éviter…

  3. Pierre says:

    Très bon article! J’aime beaucoup la comparaison d’écrire ce genre de livre avec bruler les vêements et rayer la voiture. Il serait temps pour PPDA et les autres d’arréter de se croire écrivains :-)

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