La gifle

écrit par murielle

L’histoire :

Dans une banlieue de Melbourne, de nos jours. Par une belle fin de journée d’été, famille et amis ont organisé un barbecue : de la nourriture grecque et indienne, du vin et de la bière en quantité, de la musique et des gens de tous les âges. Alors que les enfants entament une partie de cricket, une dispute éclate qui dégénère en bagarre. C’est alors qu’Harry, un adulte, gifle un enfant de quatre ans, Hugo. Cet incident va avoir des répercussions sur un certain nombre de personnes et sur huit en particulier : Hector et Aisha, les organisateurs du barbecue ; Harry, le cousin d’Hector, l’auteur de la gifle ; Rosie, la mère d’Hugo ; Anouk, une quadragénaire qui refuse d’être mère ; Manolis, un vieil immigré grec ; Connie et Richie, deux adolescents.

Et malgré tout, la chose importante avec La Gifle, c’est qu’il ne peut pas être clairement résumé.

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Le vrai talent de Christos Tsiolkas est d’explorer la vie intérieure de ses huit personnages principaux, quatre femmes et quatre hommes, âgés de 18 à 70 ans. Et chacun de ces personnages est un observateur pointu de ceux autour de lui, par conséquent beaucoup plus de vies sont éclairées.

L’énergie du livre est épuisante et parfois écrasante. Certes la gifle et ses conséquences au tribunal vont potentiellement changer la vie de beaucoup. Mais cette affaire est une occasion d’explorer la vie moderne australienne comme un exercice de libéralisme. C’est un portrait édifiant de la classe moyenne australienne. Personne n’est fondamentalement mauvais et diabolique, personne ne mérite d’être frappé, ni même jugé négativement. Chacun essaie de faire de son mieux avec les moyens du bord.

Dans l’Australie du 21e siècle, le multiculturalisme a – semble t’il – gagné ; les gens de tous les âges, de tous les groupes ethniques et toutes les sensibilités politiques sont interconnectés et se marient. Et pourtant tout le monde est terriblement en colère. Parce-que peut-être rien n’est vraiment résolu. Racisme, xénophobie, homophobie, et le reste sont encore là, présents, prêts à éclater à la moindre pression… À l’image du pays.

Le langage est cru, choquant et parfois violent mais il est un reflet de la vie des personnages.

Et de conclure que la meilleure façon d’avoir une relation pacifique est, semble t-il, de ne pas se marier.

Les pudiques, les timides et les facilement choqués passeront leur chemin. Les autres apprécieront.

Comments: 4

  1. Tiens, c’est vraiment un livre qui m’intéresse et même, ça me donne plusieurs inspirations d’écriture!
    Merci beaucoup :)

    • Mais de rien! Bon courage dans ton envie d’écrire. Je ne manquerai pas de lire ce que tu feras de cette inspiration. Très joli nom de blog.

  2. nathalie says:

    La série tirée du roman passe en ce moment sur Arte. C’est super bien!

    • Oui! La série est très bien adaptée. A voir absolument

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