Les livres à la télé

écrit par murielle

J’avoue, je regarde rarement la télé. Parfois le « replay » de « On n’est pas couché » et « C’est dans l’air ». Je ne regarde pas les émissions littéraires depuis que Pivot n’est plus dans le poste. Oui ça fait un moment. Je lis peu les critiques littéraires. Je préfère suivre les recommandations d’amis ou des libraires et laisser faire le hasard pour trouver un livre.

Bref je ne suis pas le public des programmes et articles de journalistes littéraires. Cependant un article m’a interpellé sur Marianne ce week end.

C’est un secret de Polichinelle dont on se gausse en privé, mais dont on n’a pas le droit de parler en public : les animateurs des émissions littéraires lisent rarement les livres dont ils clament le plus grand bien face caméra. […] La qualité de l’ouvrage ne fait pas partie des critères de sélection. La première question que te pose l’anim, c’est : «Est-ce que c’est un bon client ?» Un bon client», c’est un auteur célèbre qui fait des blagues. Si ce n’est pas le cas, il faut qu’il «passe bien». En clair : qu’il ait une belle gueule et qu’il ne soit pas trop compliqué. Au minimum, il faut qu’il ait «quelque chose»: qu’il soit très jeune, très trash ou qu’il évoque un thème nouveau.

Sans blague?! (ceci est de l’ironie).  Qui encore croit que les gens de la téle lisent les livres dont ils reçoivent les auteurs? Et qui croit encore que les auteurs reçus dans les émissions sont les plus talentueux?

L’article de Marianne est intéressant mais à aucun moment il ne révèle quelque chose de nouveau. Je me souviens de Marie Darieussecq, il y a quelques années. Elle passait partout, jeune prof, très à l’aise dans l’exercice de l’interview en public, avec un livre un peur original, elle était la chouchou des plateaux de télé (son 1er roman était ok, le reste bof).

De même, quelques années plus tard, briefée par son mentor Begbeider, Lolita Paille faisait la joie des journalistes. Jeune, sexy, stylée et sexy (oui j’ai dit sexy deux fois), elle a bien fait parler d’elle. Son livre? Quel livre? Ah oui, un truc superficiel, mal écrit et tout et tout.

Et oui, il n’y avait que Pivot pour inviter Modiano et lui laisser le temps de parler, de ne pas finir ses phrase, d’hésiter et vraiment parler de littérature. Où sont passés les silences, les bégaiements, les non-dits et les longues phrases?

Au revoir la littérature et bonjour les livres qui sont devenus des objets de consommation comme la lessive et le la boite de kleenex. Au revoir aux écrivains peu photogéniques, voire même laids, aux gros et maigres de l’écriture, bonjour aux auteurs/ »mannequins » au sourire lisse, à la photogénie télégénique, au verbe aisé et à la répartie facile. On est là pour vendre des livres, pas pour parler de la narration, du style, de l’histoire, de ce qui demande du temps, de la réflexion et du temps de cerveau disponible…

 

Comments: 3

  1. Audrey says:

    Je lis surtout les blogs littéraires et les magazines un peu plus marginaux. Je ne veux pas être influencée par les images et les auteurs que la tv nous impose. Très bonne conclusion.

  2. Mon guide est Amazon.fr, rubrique livres FR J’adore lire les commentaires des lecteurs. Les avis varient toujours, aime/déteste mais du moins ça donne une idée objective sur le bouquin en question.

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