Lu et écrit

écrit par murielle

Lu: dans le magazine de la CAF dans la salle d’attente de mon docteur

Question: Ma fille de 12 ans a décidé que, désormais, elle ne mangerait plus de viande. Faut-il la forcer pour sa bonne santé?

Réponse de la psy: Surtout pas! Il est très probable que d’ici quelques mois, votre fille aura oublié ce rejet. Pour l’instant, elle a besoin d’affirmer sa personnalité et sa différence. Sans donner trop d’importance à son refus de la viande, proposez lui des produits équivalents. Si vraiment, elle poursuit dans cette voie et exclut de plus en plus d’aliments, il deviendra alors utile d’en parler à votre mèdecin.

Cette réponse m’a énervée. J’ai eu l’impression que la psy faisait un lien assez rapide entre végétarisme, lubie d’enfant et/ou troubles de l’alimentation.

Ecrit: Une enfant de 12 ans est une enfant mais aussi une être capable de raison, de décision et de choix. Mon amie Ruth a décidé d’être végétarienne à l’âge de 10 ans dans une famille de carnivore. 30 ans plus tard, elle est toujours végétarienne. Sa décision de ne plus manger de viande après un reportage télé sur les abattoirs n’a jamais fléchi. Ce n’était pas une lubie, ce n’était pas un trouble psy tel que l’anorexie. C’était une volonté de ne plus avoir une position de responsable dans la chaine alimentaire traditionnelle et de ne pas être coupable dans la souffrance animale. C’est une position tout à fait respectable.

Pourquoi ne pas diriger cette maman inquiète vers l’association végétarienne de france, l’encourager à cuisiner avec sa fille des recettes végétariennes (il y a plein de livres de recette super bien faits), parler de l’alimentation alternative et si cette maman a peur des carences, peut-être alors voir un diététicien ou un docteur qui indiquera les vitamines et autres trucs nécessaires au bon développement de l’enfant. Est-ce que l’absence de viande est tellement terrible? Il me suffit de lire un rapport de la Commission Européenne pour me questionner L’utilisation de six hormones de croissance (oestradiol-17ß, progestérone, testostérone, zéranol, trenbolone acétate et mélengestrol acétate) pour promouvoir la croissance du bétail comporte un risque pour les consommateurs.

Si vous voulez en savoir plus, c’est ici

Être végétarien, par choix, n’est pas une lubie ou un problème. C’est une manière d’être en accord avec ses idées et c’est la chance de connaître une cuisine originale avec une gamme énorme de légumes et autres aliments nutritifs.

Ma vie en Angleterre m’a amené à fréquenter beaucoup de végétariens (ils aiment leurs animaux ces anglais). Et j’ai appris à aimer des légumes que j’avais jusque là peu « fréquentés ». Butternut squash, feuilles d’épinards frais, potimaron, citrouille, etc. J’ai découvert l’usage des épices, des fromages, du quinoa. J’ai mangé dans des restos végétariens, asiatiques et autres, des pie minister qui faisaient preuve de beaucoup d’imagination et de talent. Tout le monde ne veut pas d’une entrecôte frites.

Et moi? Je suis devenue carnivore à mi-temps…

Comments: 4

  1. Vivi says:

    Bien d’accord !
    Ce qui me choque dans la réponse de la psy c’est qu’à aucun moment il n’est question de communiquer avec sa fille pour comprendre son choix et l’accompagner. Effectivement, si la jeune demoiselle de 12 ans lui dit « parce que les copines elles en mangent pas pour rester mince », la conversation prendra une autre tournure que si elle répond : « nous avons vu à l’école le film « notre pain quotidien » et ça me pose question »…
    Bref, moins de communication, plus d’incompréhension et toujours plus de Bêtise !

    Même combat sur le choix individuel d’avoir ou non des enfants, de se marier, etc.
    Jamais de communication, toujours plus de jugement, faussé par notre vision étroite du bonheur… J’en profite d’ailleurs pour faire un lien vers chez moi : http://construis-ton-bonheur.over-blog.com/article-schizophrenie-du-bonheur-75907959.html

    Bref, pour revenir au choix du végétarisme, j’ai vécu 2 ans en colloc avec des végétariennes et moi aussi j’ai apprécié cette cuisine légère et pleine de saveurs. Revenue au pays, j’ai annoncé mon « végétarisme » et j’ai subi un rejet de mon entourage. Et puis un jour, j’ai invité mes amis et leur ai cuisiné de la volaille à plusieurs reprises en leur disant que j’étais revenue à la viande… et puis, je n’ai plus mangé de viande, sauf chez eux, et plus aucun problème.

    Taire ses différences, choisir sa tranquillité au détriment de sa dignité… connerie de monde !!!

    PS : si les mots sont tes esclaves, je suis le mot de tout ton blog :)

  2. Un très bon post! J’ai aussi une amie qui, quand elle était très jeune, a décidé de ne plus manger la viande. Elle a fait la connaissance d’une petite vache et puis, quand elle a réalisé le fait qu’un jour ce petite vache deviendra l’hamburger elle a pleuré et décidé de ne plus manger la viande. Sa famille a soutenu sa décision. Elle est allée au bibliothèque, elle a lu les livres sur le végétarisme et jusqu’à présent elle est toujours végétarienne. Voilà une manière saine de soutenir la décision d’un enfant. Evidemment, ce magazine que tu as lu ne sait pas beaucoup de chose à propos de la psychologie des enfants.

    • Merci pour ton commentaire. Your french is doing great!

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