Helen

Seule, debout dans sa cuisine, la réalité de sa situation l’a frappée. Elle n’aura jamais d’enfants, elle ne sera jamais mère. Elle a 43 ans, elle est seule et elle sait que c’est trop tard.

La maternité est devenue un rôle dévorant au cours des deux dernières décennies – qui domine les pensées des femmes et des conversations – peut-être parce que la pression sur les mères pour faire tout bien est juste plus grande que jamais. Quand un homme a un enfant, il reste qui il a toujours été et devient un père en plus, mais une fois qu’une femme a un bébé, elle est une mère d’abord, et peut-être quelque chose d’autre, une enseignante ou une avocate.

Helen ne blâme pas les mères pour leur unique approche de la vie; elle aurait probablement été la même. Cependant le résultat est là, les femmes se séparent en deux tribus: les mères et les non mères, et elles ont des difficultés pour trouver un terrain commun. Pourtant le nombre de femmes qui n’auront jamais d’enfants, par choix ou par circonstance, ne cesse de croître. Dans les années d’après-seconde guerre mondiale, seulement 10% des femmes n’avaient pas d’enfant alors que le nombre de femmes qui aujourd’hui atteignent la ménopause sans avoir d’enfants a augmenté de 20%.

Si un cinquième des femmes sont sans enfant, pourquoi alors se sent-elle si marginale. Est ce que malgré des décennies de féminisme, l’hypothèse que le seul travail vraiment intéressant qu’une femme puisse faire, c’est d’élever des enfants est vraie?

Seule debout dans sa cuisine, Helen réalise qu’elle n’aura jamais d’enfants, qu’elle ne sera jamais mère. Elle est une marginale, elle sait qu’elle fait partie de la minorité.

Et ce n’est pas si grave…