Pourquoi je ne lis pas les magazines féminins

Cet article m’est en partie inspiré par cet article. Il fut un temps où je lisais presque tout: 20 ans, Marie Claire, Elle, Glamour. Mon excuse: je vivais dans la cambrousse, je rêvais de quelque chose d’autre, je connaissais et admirais une dame qui avait contribué aux débuts de ELLE et puis j’étais jeune. C’est ma version des faits et je m’y tiens…

Je suis moins jeune, je ne rêve plus et j’ai arrété il y a bien longtemps de croire aux clichés féminins. Je suis devenue aussi un peu plus informée et éveillée au monde. C’est pourquoi je ne lis jamais Vogue.

« Pourquoi? » me demandez vous. Vous voulez un exemple? Ça tombe bien, j’en ai un. Voici un article complètement sirupeux, faussé, biaisé et incroyablement choquant sur la première dame de Syrie. Seules quelques lignes expliquent de façon très légère la situation trouble de la Syrie, mais pas trop quand même… Cela me ferait presque sourire tant le timing est mauvais.

Bien entendu cet article a maintenant disparu du site de Vogue. C’est sans compter sur les merveilles de l’internet et de wayback (qui archives les pages des sites): à lire sur le site des supporters de Assad et sur Vogue. (Désolée, c’est en anglais).

Asma al-Assad est glamour, jeune, et très chic. La plus fraîche et magnétique des premières dames. Son style n’est pas « couture et bling du Moyen-Orient » qui éblouit, mais un manque délibéré de parure. Elle est une combinaison rare: une mince, longiligne beauté avec un esprit analytique qui s’habille sobrement. Paris Match l’appelle « l’élément de lumière dans un pays plein de zones d’ombre ». Elle est la première dame de la Syrie.

La Syrie est connue pour être le pays le plus sûr du Moyen-Orient, peut-être parce que, comme le site Web du Département d’Etat le dit, « le gouvernement syrien effectue une intense surveillance physique et électronique des citoyens syriens et des visiteurs étrangers ». C’est un pays laïque où les femmes gagnent autant que les hommes et le voile musulman est interdit dans les universités, un lieu sans attentats à la bombe, sans troubles, ouenlèvements. Mais ses zones d’ombre sont profondes et sombres. Mari d’Asma, Bachar al-Assad, a été élu président en 2000, après la mort de son père, Hafez al-Assad, avec un surprenant 97% des votes. En Syrie, le pouvoir est héréditaire.