Marc

écrit par murielle

Je rentre du travail. La lumière du réverbère perce ma fenêtre et m’accueille dans mon salon. Je n’allume aucune lampe. Pas besoin. J’aime cette lumière de la rue qui éclaire suffisamment la fin de ma journée. J’allume la radio et son flot de nouvelles, d’annonces publicitaires, de prévisions météo et de musique insipide envahissent l’appartement. Trop de bruit pour mes oreilles fatiguées de la journée, j’éteins et je me fais un café. Je choisis un DVD.

Combien de temps passe avant que je réalise qu’il est tard, qu’il fait sombre et que tout est calme, terriblement calme. Le bourdonnement du frigo, et les pas des voisins dans l’escalier ne rompent pas le silence qui m’entoure. Le portable posé sur la table à portée de main se tait. Il n’a pas sonné ni palpité, sans doute depuis la veille, peut-être même l’avant veille.

Pas d’appels, pas de mails, pas de textos, pas de messages personnels, pas de tweets.  Le téléphone fixe n’a pas sonné depuis juin, à l’exception des personnes dans les centres d’appels qui ne savent pas prononcer mon nom.

Toutes ces méthodes de communication et pourtant personne ne communique avec moi.

Il fut un temps où revenir dans une maison vide me comblait de plaisir, comme un jour de neige sans école, bonus inattendu d’avoir la place toute à moi, et de respirer dans le calme et la tranquillité. Mais maintenant, je mène juste une vie solitaire.

Là, je l’ai dit. Je suis seul.

Nous sommes tous si populaires aujourd’hui, si reliés entre nous. Nous avons tous ces nouveaux mots – ces mots modernes – nous bloguons, nous skypons et tweetons nos pensées en moins de 140 caractères. Nous surfons en permanence sur nos mobiles, de telle sorte que les trains et les bus sont maintenant une mer de têtes, s’inclinant toutes comme dans une prière, dans l’adoration de leurs iPhones, tap, tap, tapez – le chapelet du message si essentiel.

Et malgré tout, je me retrouve seul chez moi, seul avec 350 amis sur facebook, un téléphone silencieux, et personne qui ne se soucie d’appeler. Je suis abandonné, seul.

Sûrement, quelque part, il y a une soirée à laquelle je devrais m’amuser, un dîner où je devrais être invité, un ami à qui je dois manquer?

Comments: 4

  1. Fred says:

    C’est une description de la solitude moderne qui semble presque normale… et fait peur.

    « Nous surfons en permanence sur nos mobiles, de telle sorte que les trains et les bus sont maintenant une mer de têtes, s’inclinant toutes comme dans une prière, dans l’adoration de leurs iPhones, tap, tap, tapez – le chapelet du message si essentiel ».
    Tu as beaucoup de talent Murielle.

    • merci beaucoup pour le compliment… et pour avoir relevé cette phrase.

  2. Il est vrai que toutes cette technologie nous amene peut etre un peu plus de solitude
    a date j’aime bien etre seule .. surtout depuis que mes journées sont plus agités

quelque chose à dire