Broken

écrit par murielle

brokenJe suis allée voir Broken au cinéma. L’occasion de voir Tim Roth sur grand écran est hélas trop rare. Quoi?! Encore Tim Roth, vous entends je dire. Oui, Tim Roth, encore. Je l’aime. Voilà c’est dit. Passons au film, voulez vous?

L’histoire: Skunk, 11 ans, diabétique, est rayonnante et fragile. Mais tout son univers bascule le jour où, témoin d’une agression brutale, elle voit les certitudes rassurantes de l’enfance laisser place à l’injustice, au danger et à la peur.

Comme c’est vague, je vais essayer de vous raconter le film un peu mieux.

Le personage central est Skunk, un peu « garçon manqué », qui vit avec son frère/complice (Jed) et son père aimant (Archie), un avocat. Il n’y a plus de maman, partie avec un comptable à Birmingham. Ah, il y a aussi une nounou à domicile (Kasia) qui sort avec un prof (Mike) et qui est aimée en silence par Archie. Il y a aussi un garçon mignon comme tout, un « traveller » (gitan irlandais), qui devient l’amoureux de Skunk.

Tout se passe dans la banlieue nord de Londres, dans un quartier cul de sac, ni pauvre, ni riche, classe moyenne. Un de ces quartiers sans caractère où les maisons se ressemblent, allée goudronnée à l’avant pour garer sa voiture, petit jardin à l’arrière. L’agressé est un voisin (Rick), un jeune homme inoffensif avec un retard mental. L’agresseur est un autre voisin (M. Oswald), un veuf, père de trois filles, malheureux, qui s’exprime avec les poings. Une de ces familles où les enfants certainement aussi paumés que les parents, sont prêts à récolter un ASBO (jugement pour comportement anti social – un truc anglais qui ne marche pas).

On apprend par la suite qu’une des filles, Susan, a été surprise par son père avec un préservatif et de façon impulsive a suggéré que Rick l’avait violée. Bien que l’accusation soit rapidement abandonnée, la fragile stabilité de Rick est cassée, et il se réfugie dans l’isolement. Un accident plus tard avec ses parents attentionnés l’amène à être institutionnalisé pour traitement.

Une grande partie de l’action suit les rites familiers qui accompagnent le changement, le basculement dans la presque adolescence. A 11 ans, on n’est plus un enfant pas encore un ado. On suit Skunk dans ses balades dans le voisinage, les mêmes sentiers balisés suivis chaque jour avec ses repères familiers dont la caravane abandonnée dans une casse qu’elle a décorée.

Elle endure aussi l’intimidation de la plus jeune fille d’Oswald, une terreur mal nommée Sunshine. La plupart du temps, elle observe avec perplexité les négociations de la vie adulte autour d’elle. Elle voit la rupture entre Kasia et Mike, sur lequel Skunk a le béguin, et la nouvelle relation de Kasia et de son père.

La violence éclate encore lorsque Susan devient enceinte et pointe une fois de plus le doigt sur une cible innocente, cette fois le professeur Mike.

Vous suivez toujours? Si oui bravo. Parce que c’est là que le bât blesse. La succession de tragédies en mouvement commence à peser. Le film devient encombré par toutes ces histoires mélodramatiques. Il y en a trop. Et cela devient presque invraisemblabe.

Et pourtant c’est un bon film. Parce qu’Eloise Laurence qui incarne Skunk, est formidable. Son sourire est fondant, ce mélange de naïveté et d’assurance est incroyable. Elle n’est jamais mièvre ni agaçante. Sa complicité avec Tim Roth (Archie) est très jolie à voir, très touchante. Quel plaisir de voir Roth en père tendre, aimant, doux, incroyablement attentif avec sa fille. Leurs scènes ensemble sont mes préférées.

Rory KInnear qui joue le voisin de l’enfer est aussi incroyable. Il faut être sacrément doué pour faire peur et malgré tout émouvoir. Ce mec est le voisin que l’on ne veut pas avoir et pourtant on a envie de l’aider.

Quoi d’autre? L’humour. Parce que malgré tous ces drames, il y a des moments comiques, des mots d’enfants, des bouffés d’air frais dans une atmosphère suffoquante. Aussi, la photographie est magnifique. Je n’y connais rien, mais les couleurs sont belles, mélancoliques et lunatiques, anglaises…

Enfin, la musique. J’espère qu’elle sortira en CD parce que c’est une musique originale (même la chanson fredonnée par Skunk) de Damon Albarn et de son collectif Electric Wave Bureau. Je n’ai qu’une envie, la réécouter.

Merci d’avoir tout lu! :-)

Comments: 4

  1. Laurent says:

    La bande annonce donne envie. Ta critique moins :-) Je plaisante. C’est pas mon genre de film mais je le verrai en dvd un jour.

    • Tu veux dire que ma « critique » n’est pas assez bonne pour Les Cahiers du Cinéma. Ah ça fait mal… ;-)

  2. Fred says:

    Pour résumer. Un premier film avec quelques défauts mais plein de promesses. A voir.

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