Le temps d’aimer…

J’ai parlé auparavant, juste en passant, du festival de danse Le temps d’aimer qui se déroule à Biarritz.. Quelques jours plus tard et après avoir eu le temps de lire la gazette du festival (feuilleter serait une offense faite à celles et ceux qui l’ont créée), je peux enfin en parler. Je ne connais le festival que depuis l’année dernière. J’avais reservé des places fin Juillet 2011 sans savoir que quelques jours plus tard mon monde serait bouleversé. Et j’y étais allée à reculons, sans aucune envie, de toutes façons je n’avais envie de rien. Mais c’était une soirée de moins à passer en tête à tête avec ce chien noir si familier à Churchill.

Et pendant quelques heures, ce fut le temps d’aimer, un temps suspendu, ébloui par la Compagnie Malandain. Un temps de grâce et de force avec Lucifer, L’amour Sorcier et Le Boléro. Un temps d’aimer bien trop court pour moi.

Cette année, ce fut avec un léger résidu de tristesse, un peu de mélancolie et suffisamment de bonheur retrouvé que j’ai pris le temps d’aimer. Quelques aléas, contretemps et rendez vous manqué, mais quel bonheur. Si j’en parle maintenant c’est parce que j’ai terminé de lire tous les numéros de la gazette du festival, articles avec ce petit plus, juste ce qu’il faut, de décalé, de lyrique, de drôle, de poétique et de politique. Parce que si la danse est un art, un moment de beauté et de grâce, c’est aussi l’expression sociale et politique d’un moment donné qui prend sa source dans l’intime. Et c’est en lisant un de ces numéros, que je tombe sur un article et la photo de Laurent Drousie. Et que je souris, ravie de revoir ce visage qui m’a marqué cette année.

J’étais donc allée seule voir danser la compagnie Introdans. Assise confortablement avec une vue imprenable sur la scène et un charmant voisin de fauteuil. Son compagnon étant d’humeur grognonne, on s’est vite retrouvé à papoter ensemble avant le lever de rideau. Et ensuite à se surprendre à pousser des ohh et ahh de ravissement complice pendant le ballet. C’est donc naturellement qu’il m’invita à prendre un verre avec lui à l’entracte. Pour parler de ce moment de plaisir partagé dans cette première partie et peut-être s’éloigner quelques instants d’un ami quelque peu réticent au spectacle. Et de se dire que c’était bien agréable de prendre un verre avec un(e) étranger(e) dans le bar de la Gare du Midi pour s’enthousiasmer sur le talent de ce jeune danseur qui nous a touchés à tous deux.  Bien entendu tous les danseurs d’Introdans étaient formidables, mais je n’ai eu d’yeux presque que pour lui. Parce que sur son visage on pouvait lire tout le plaisir, l’envie de danser, d’être là sur la scène pour partager son amour de la danse. C’était une évidence. Il suffisait de le regarder sourire presque tout le temps, pour vouloir nous aussi être heureux et aimer ce moment privilégié. Et de partir après le spectacle, le coeur léger et le sourire aux lèvres, malgré les aléas, contretemps et rendez vous manqué.

Et pour ma part, maintenant, d’être ravie de savoir, par l’intermédiaire de cet article dans la gazette, qu’en coulisses aussi, Laurent Drousie souriait.