L’amour sans le faire

écrit par murielle

Cette fois-ci pas de conseils sur l’abstinence comme racontée par Sophie Fontanel ou mon expérience du tantrisme sexuel. Ici la revue d’un livre lu en 2 heures cet après midi après l’avoir enfin acheté :  L’amour sans le faire de Serge Joncour. Je ne connaissais absolument pas cet auteur que j’ai découvert sur France5 dans l’émission « La Grande Librairie » (qui est sans doute une des meilleures émissions que je regarde à la télé). L’auteur, ses propos et sa tête m’ont plu. Et le titre de son roman m’intriguait.

 

« Sa vie, on ne la refait pas, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste »

lamour-sans-le-faireL’histoire :

Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s’appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d’un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L’Amour sans le faire, c’est une histoire de la tendresse en même temps qu’un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à change, et pourquoi pas à renaître.

C’est surtout la rencontre et l’histoire d’amour d’un homme et une femme qui sont faits l’un pour l’autre. Je ne sais toujours pas si je crois au principe de déterminisme ou à cette force invisible qui lie deux personnes mais je crois en cette histoire de deux êtres face à eux-mêmes, sur le point de renaître mais encombrés de leurs souvenirs..

« Parfois il arrive de se sentir instantanément proche d’êtres dont on n’a pas vraiment fait la rencontre mais naturellement un lien se tisse, sans effort, sans volonté, par le seul fait d’une gigantesque coïncidence ». […]

Dans l’amour il y a bien plus que la personne qu’on aime, il y a cette part de soi-même qu’elle nous renvoie, cette haute idée que l’autre se fait de nous et qui nous porte D’autant que cet homme-là, il l’avait accueillie dans son univers, il lui apportait tout […] C’est toujours dangereux de miser son destin sur un homme. C’est si fragile un homme.

Ils s’aiment vraiment ces deux là, il leur faut juste encore un peu de temps pour le comprendre et pour le faire.

 

Comments: 16

  1. Laurent says:

    He he, je pensais que ce serait un article sur le sexe tantrique. Le livre semble bien.

  2. Nathalie says:

    Je l’ai lu! Et c’est effectivement une très belle histoire d’amour qui s’amorce, une relation qui se construit avec des regards, des silences, des échanges, des révélations, des gestes de tendresse pudiques et pourtant très intimes. Il la prend quand même dans ses bras et il lui caresse aussi les cheveux. Ce sont des gestes tout de même proches de la relation intime, quelque chose qu’une femme n’accepte pas d’un simple ami. Je pense comme toi que cette histoire ne va pas s’arréter. C’est l’amour sans le faire, pour le moment! C’est un beau roman qui pourrait être écrit par une femme. C’est aussi une bonne description dans la première partie du couple qui est sur le point de se séparer. Je n’ai pas le livre sous les yeux mais il y a quelques phrase asez cruelles qui sonnent vrai.

    • C’est chouette! Oui, la séparation de Franck et Héléna, comment elle voit le déclin de son couple et comment elle ne le considère plus est très réel. Ça sonne vrai.
      Quant au passage je pense comme toi, c’est magnifique. Je suis d’accord avec lui sur la douleur.

  3. Nathalie says:

    Pour une fois que j’ai lu le même livre que toi, je vais monopoliser les commentaires :-)
    Un passage magnifique même si je ne suis pas entièrement d’accord avec lui:
    « Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça, à cette très haute idée qu’on se fait de l’autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu’au plus intime, s’aimer en ne faisant que se le dire, s’en plaindre ou s’en désoler, s’aimer à cette distance où les bras ne se rejoignent pas, sinon à peine du bout des doigts pour une caresse, une tête posée sur les genoux, une distance qui permet tout de même de chuchoter, mais pas de cri, pas de souffle, pas d’éternité, on s’aime et on s’en tient là, l’amour sans y toucher, l’amour chacune le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur, une douleur ça ne se partage pas, une douleur ça ne se transmet pas par le corps, on n’enveloppe pas l’autres de sa douleur comme on le submerge de son ardeur. C’est profondément à soi une douleur. L’amour comme une douleur qui ne doit pas faire mal »

    • Allez! On fait un club de lecture. Avis et recommendations toujours appréciés et bienvenus :-)

  4. Fred says:

    J’ai moi aussi lu ce roman. Je suis plus circonspect avec ce qu’a dit nathalie et toi. Je trouve que dsa vision de l’amour est lache. Que ce soit avec sa première femme ou avec Louise, il ne veut pas s’engager. Sous des phrases et prétextes romantiques il ne prend aucun risque. L’amour c’est le faire, s’engager physiquement, moralement, affectivement et accepter la routine qu’il n’aime pas. A moins que comme tu dis Murielle ce soit seulement une question de temps et qu’ils aillent plus loin ensemble. J’ai aimé le roman mais il m’a frustré. Par contre toutes les pages sur la nature, sur la ferme sont belles.

    • He he, c’est ce que je pense. Je suis d’accord sur sa tirade sur la douleur mais pas sur l’amour (comme dit précedemment). Je pense que tu as raison sur le principal. Il y a une part de lui qui ne prend pas de risques même si je tends à penser (j’espère) que peut être il en prendra avec Louise. Parce que ce mec a tout de même un « bon fond » :-)

  5. Anne-Marie says:

    C’est intéressant d’avoir un avis masculin surtout quand il est intelligent. Je pense pareil, les belles phrases pour justifier la peur de l’engagement ou la paresse affective ça me fait penser à du begbeider. Justifier avec des belles paroles romantiques d’une envie de rester un électron libre et de papillonner.

  6. J’avoue ne pas connaître. L’amour qu’on fait a parfois peu à voir avec l’Amour.

    • L’amour qu’on fait a parfois peu à voir avec l’Amour.
      Oui c’est vrai aussi.

  7. Audrey says:

    C’est nouveau cette vidéo! Tu l’as rajoutée après? Il est bien cet homme, j’aime comment il est à l’écran. Il semble sympathique et simple.

quelque chose à dire