Encore des livres : America

écrit par murielle

Bon allez, je continue avec le thème américain. Ou plutôt je continue de parler de ce que j’aime tout en répondant à une requête.

Je sais que les américains sont un peuple étrange et parfois/souvent irritants. Je pense aussi que les américains sont fascinants. Et il y a les autres: les rednecks, les tea-party goers, les pro, les anti, les white trash et les « birther ».

Moi j’en connais qui sont formidables, ouverts d’esprit, amusants, intelligents et cultivés. Et je connais aussi un peu la littérature américaine parce qu’elle est une des plus belles littératures au monde. Elle est celle qui m’emmène dans des endroit où je n’irai jamais, elle me raconte des histoires que je ne vivrai jamais, quoique…, elle m’emporte, m’émeut et m’inspire.

Si je vous listais comme ça tous les livres que j’aime avec une explication ou un résumé pour chaque, mon article serait immmmensément long. Alors chaque semaine je vais poster un titre ou plusieurs et vous dire pourquoi ce sont des histoires qui comptent.

Pas d’ordre ni de chronologie particulière.

Au lac des bois – Tim O’Brien

L’histoire: Au lendemain de sa défaite électorale, John Wade décide de se mettre au vert avec sa femme Kathe, très au nord, près des grands lacs, à la frontière du Canada. Ils s’installent à la fin de l’été dans un cottage isolé. Au bout de quelques jours, Kathe disparait. Le lecteur le sait dès le début : elle ne réapparaitra jamais. Est-elle partie de son plein gré ? A-t-elle fui ? A-t-elle été assassinée par son mari ? Aucune certitude mais des pistes que l’on suit, qui se croisent et s’étoffent au fur et à mesure de la découverte du passé de John.

On parle beaucoup du patriotisme aveugle des américains et de leur goût pour la guerre et pourtant nombreux sont ceux qui ont dénoncé le Vietnam. Tim O’Brien en fait partie, ancien du Vietnam lui même, il parle avec beaucoup de justesse, des traumas de la guerre mais il sait le faire en racontant une histoire, en instillant une atmosphère.

C’est un thriller dont l’intrigue n’est pas la préoccupation majeure. Lorsque les pièces du puzzle commencent à se rassembler, c’est un roman sur la nature humaine, sur comment nous cherchons l’amour, comment on tombe amoureux ou obsédé par les gens en projetant nos rêves sur eux pour tenter de résoudre leur mystère, comment nous sommes nous-mêmes mystères, et comment nos secrets peuvent être destructeurs. C’est aussi une histoire dans l’histoire, un témoignage sur un ancien du Vietnam. Tim O’Brien suggère que la politique, du moins dans sa variété américaine, est une continuation de besoins plus fondamentaux et plus terribles encore que l’envie de pouvoir. Ces besoins qui conduisent l’âme humaine vers des actes de désespoir, de tromperie, et même de violence. C’est aussi un essai sur la moralité qui tente de découvrir la vérité en recréant une histoire.

Dans un entretien, Tim O’Brien, qui vient de Worthington dans le Minnesota. dit: une ville qui se félicite, jour après jour, de sa propre ignorance du monde : une ville qui nous a mis dans le Viet Nam. Les gens de cette ville qui m’ont envoyé à cette guerre ne pouvaient pas épeler le mot « Hanoi » si vous leur enleviez les trois voyelles. 

Un homme qui parle comme ça ne peut pas être un mauvais écrivain et encore moins un mauvais américain.

Comments: 9

  1. Laurent says:

    J’ai lu ce livre et la façon dont tu en parles est très juste. C’est un thriller dont on se fiche presque de fin tant l’histoire se déroule d’une manière fine, subtile, avec les souvenirs de guerre, les questionnements, les erreurs de l’amour, le pouvoir, la nature, et bien d’autres choses encore.

  2. j’aime bien certains thrillers américains mais je préfère les écrivains de l’Angleterre ..

  3. Fred says:

    La requête n’est pas de moi mais j’aimerais moi aussi avoir une liste de romans américains.

  4. Je note « Au lac des bois » sur ma longue liste  » A lire ». Tout comme toi, j’aime la littérature americaine !
    J’ai lu récemment  » Freedom » de Jonathan Franzen….j’ai beaucoup aimé !!

    • Ah là là. Tout le monde parle de chef d’oeuvre pour Freedom et je dois être une des seules à ne pas l’avoir fini! Un jour, j’essaierai à nouveau

  5. Nathalie says:

    Très bonne idée! Du moment que tu ne parles pas de romans à la Jackie Collins :-)

  6. Entre les américains du nord et du sud, il y a autant de différences qu’entre des chtis et des corses. Ils vivent beaucoup sur des traditions protestantes rigoristes du XIXème siècle, au moins pour les blancs. Leur problème actuel c’est la montée des catholiques latinos, et les asiatiques qui s’avèrent être de bien meilleurs étudiants dans les universités, notamment en sciences. L’étudiant américains blanc ne faisant plus que des études juridiques ou financières (pour de l’argent immédiat). Toute la recherche scientifique (c’est à dire le futur), va leur échapper. On a bien vu aux dernières élections que les républicains avaient plutôt « capté » les voix des blancs traditionalistes et peu créatifs (en gros). Je vais me faire appeler Arthur après ce long commentaire :)

    • Non non. Commentaire que je rejoins totalement. :-)

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