The sense of an ending – Une fille, qui danse

Une fille qui danse

 

C’est un court roman, presque une nouvelle mais qui contient énormément.

Tony Webster, retraité sexagénaire, se rappelle de son ami d’enfance Adrian Finn, qui s’est suicidé, et de son premier amour, Victoria. Les réminiscences de Tony nous font réaliser que Tony est enclin à enjoliver ses souvenirs. Jusqu’au jour où ses souvenirs magnifiés sont confrontés à la réalité. Il reçoit soudain une lettre d’un avocat s’occupant de la succession de Sarah Ford, la mère de Veronica, elle aurait laissé £500 et un journal tenu par Adrian Finn. Il est perplexe, et essaie d’entrer en contact avec Véronica. Elle prétend avoir brûlé le journal après la mort de sa mère. Très vite, vertigineusement, toute l’histoire devient beaucoup plus sombre et, finalement, choquante quand Tony comprend, tout comme nous, ce que Veronica voulait lui dire.

Ce roman est sur la manière de gérer nos souvenirs. On les modifie ou on les efface et on survit. Plein de perspicacité et d’intelligence, The sense of Ending est en quelque sorte une version plus intellectuelle de Ian McEwan « On Chesil Beach », en abordant les mêmes thèmes de la sexualité adolescente, l’inhibition, le système de classes, les regrets et les faux souvenirs.

C’est aussi un constat douloureux sur la vieillesse et la mort. L’impossibilité de modifier le passé, de retourner en arrière, de changer une situation ou soi même. Vieillir est incroyablement cruel.

C’est un très beau livre, habilement conçu, audacieux et sombre. De la philosophie « douce » sans être trop compliquée ou introspective. Qui va chercher dans les replis de notre âme et nous donne le vertige.