Thérèse Desqueyroux et Django unchained

J’ai vu Thérèse Desqueyroux.

Je ne sais pas si le film a eu des bonhommes souriants ou pas dans le magazine qu’il est bien d’avoir sur sa coffee table. La seule chose que je sais est l’émotion qui ne m’a pas quitté de la soirée après l’avoir vu. Comprendre sans s’expliquer pourquoi cette sensation d’être étrangère à soi-même, ni tout à fait là ni tout à fait ailleurs, l’amitié jalouse, le non désir, l’envie d’être une autre, l’ambiguité des sentiments, tout y est. On ne prend pas parti parce que les personnages sont complexes, tout autant aimables qu’antipathiques. Ils sont humains et donc parfois malheureux.

Allez le voir mais seul(e), surtout pas avec l’objet de votre affection parce que le film (tout comme le roman de Mauriac) ne laisse pas intact. Et parce que parfois rien n’est vraiment simple…

J’ai aussi vu Django Unchained de Quentin Tarantino et j’ai aimé. Pendez moi haut et court?

Tarantino m’est très sympathique. Je n’aime pas tout ce qu’il fait, mais il fait partie de ces réalisateurs dont je vais voir les films sans connaître l’histoire. Je ne sais pas non plus si ce film a reçu un bon accueil par les professionels de la critique. Je m’en fiche.

L’histoire: Dans le Sud des États-Unis, quelque temps avant la guerre de Sécession, un ancien dentiste allemand reconverti en chasseur de primes, le Dr King Schultz libère et forme Django, un esclave, afin de lui permettre de libérer sa femme des mains de Calvin Candie, un riche et terrible propriétaire terrien.

Ce film est une caricature grotesque pour se défouler et rire sur fond d’esclavagisme. Il est aussi incroyablement violent; dans un échange de tirs, il y a tant de sang qui gicle que c’est un miracle qu’une croûte ne se forme pas sur la lentille de la caméra.

Malgré, ou peut-être à cause de cela, il contient également quelques-uns des moments les plus drôles et jouissifs que j’ai vu depuis longtemps (le raid où personne ne voit rien m’a fait rire aux éclats). Ce que Tarantino fait, avec brio, est de renforcer progressivement la tension jusqu’à ce que vous oubliez que vous regardez un film blaxploitation/un western spaghetti et vous commencez à prendre tout ça terriblement au sérieux, avant que le film explose soudainement dans le genre de bêtise volontaire que vous verriez dans un film des Monty Python. Et il dure presque 3 heures! Oui presque 3 heures! Qui passent vite, avec 60 dernières secondes excellentes.

Chaque cadre unique de Django Unchained pourrait être considéré comme offensant: le sujet, l’utilisation métronomique d’insultes raciales, de la violence – et parfois les tenues – sont tous très provocateurs. Et le film s’en tire malgré tout. Je ne sais pas pourquoi, mais dans une époque où il convient de s’emporter sur tout, où le politiquement correct a pris le pas (ce qui est pour le mieux dans la plupart des cas), ce film choque mais fait du bien.