De beaux objets…

La semaine dernière, Alex Bilmes, l’éditeur d’Esquire, s’est fait remarqué par le contenu de son discours donné au cours de la semaine de la publicité à Londres.

Sur le thème du féminisme (sourire las), il a expliqué que le magazine ne mettait que des photos de femmes comme objets de décoration, de la même façon qu’il  ne proposait que des photos de voitures cools.

Bilmes a déclaré que la politique de son magazine était « plus honnête » que celle de l’industrie des magazines féminins qui, selon lui perpétuait une image négative de la femme. Il a ajouté que les femmes n’étaient que des objets et qu’il mentirait s’il disait qu’il était intéressé par leurs cerveaux.

Il a également insisté sur le fait qu’Esquire était, en fait, « moins rigide » dans sa représentation de la femme que les magazines féminins. « Nous sommes plus ethniquement diversifié, avec des formes diverses », a-t-il dit. « Dans les magazines de mode les femmes sont beaucoup plus minces. Nous avons des femmes âgées, 40 ans » Il a poursuivi en citant l’exemple de l’actrice Cameron Diaz, « en tant que femme âgée… »

Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer. Oui, c’est clair que Bilmes est honnête et a même un peu raison. Esquire est « plus honnête » que de nombreux titres, si on prend comme exemple un journal utilisant une photo de Naomi Campbell pour illustrer un article financier parce qu’elle a fait une fois son shopping chez Marks & Spencer. Il a raison sur la responsabilité de la presse féminine et la publicité dans la perpétuation des stéréotypes négatifs et des femmes. ELLE, Grazia et cie font beaucoup de tort aux femmes.

Mais quand il explique que si les hommes hétérosexuels voient parfois les femmes en trois dimensions (mère, soeur, fille, épouse), ils veulent aussi regarder des femmes parce qu’elles sont sexy. Et là, je suis moins d’accord. Eh oui, encore une fois cette dichotomie de la femme : d’un coté la mère, etc, que l’on « respecte » et de l’autre la femme objet.

Il n’y a aucune raison de penser que parce qu’un homme trouve une femme sexy, il est obligé de la considérer comme un objet à utiliser, à la place d’un autre être humain. C’est la femme vue comme poupée gonflable… Alors que c’est tellement plus « sain » et intelligent de fantasmer sur des choses à faire avec une femme que sur des choses à faire à une femme. Pourquoi mélanger ce qui est de l’ordre du sexy avec l’objectification?

Je sais que l’article suivant est en anglais (encore!) mais il suffit de regarder les photos pour comprendre qu’il y a quelque chose de fondamentalement tordu et pervers plus proche de la paraphilie que du sexy chez ceux qui les ont créées : Sexual objectification

Et allez jeter un coup d’oeil sur le site de l’artiste Mariel Clayton qui détourne le mythe Barbie avec beaucoup de talent (attention pas pour tous les yeux…)