All the world is a stage

écrit par murielle

Chaque aspiration de la vie humaine, qui se résume principalement à perdre du poids et ne pas mourir, a un livre qui lui est dédiée. La plupart du temps, ce livre pourrait se réduire à un seul paragraphe mais comme personne ne paierait 9,99 euros pour un conseil qui prendrait moins de temps que l’intro musicale de Staying Alive, ce conseil est distillé dans des centaines de pages déguisées en une formule magique soi-disant assez facile à suivre. Mais est-ce qu’on souhaite vraiment être conseillé. Souvent les meilleurs conseils sont des observations faites presque en passant.

En ce moment je cherche la formule parfaite du dialogue. Celui qui ne ressemble pas à un mauvais scénario de série télé, plutôt celui qui se veut un véritable échange.
Mon ami m’a dit qu’un dialogue était deux monologues qui se battaient. Ce qui est souvent vrai. Après tout, tout le monde est tout le temps en train de penser à soi même. C’est presque impossible de vraiment penser à quelqu’un d’autre, encore moins de l’écouter.

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Internet c’est un peu ces monologues qui se battent grandeur maxi. Tout ce que l’on poste est finalement une demande de validation. On se cherche une personnalité, ensuite on la cultive, on travaille des formules, des phrases qui font mouche et chaque article, chaque statut, chaque mot/photo/lien posté devient une validation de notre existence.

Mais prétendre être quelqu’un n’est pas nouveau. Vouloir répondre aux attentes ou faire l’intéressant non plus. Le web n’est pas le coupable, seulement le révélateur de ces monologues. Il suffit de lire les commentaires hors sujet, ceux qui n’ont absolument pas lu un article mais le commentent tout de même ou cliquent sur « j’aime » sans chercher de sens. Chaque post sur facebook, chaque tweet pourrait être remplacé par un immense: « dites moi que j’existe ». J’exagère juste un peu. En fait, oubliez les facebook, blog et twitter, chaque fois que l’on parle à quelqu’un, chaque phrase que l’on prononce, on demande simplement: « dites moi que j’existe… »

All the world’s a stage,
And all the men and women merely players;
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,
His acts being seven ages.

Le monde entier est un théâtre,
Et les hommes et les femmes ne sont que des acteurs,
Ils ont leurs entrées et leurs sorties,
Un homme, dans le cours de sa vie, joue différents rôles,
Les actes de la pièce sont les sept âges

Shakespeare

Comments: 21

  1. LO says:

    :) je clique sur « j’aime » parce que c’est à la fois bien écrit et juste mais je n’ai pas toujours les mots pour laisser un commentaire. Mon « j’aime » devient alors un « comment dire? »

    • Nathalie says:

      C’est intéressant parce que n’ayant pas de blog je ne peux pas cliquer sur j’aime. Je pense comme toi, les j’aime sont des j’aime qui peuvent être interrogatifs et/ou appréciatifs.
      La phrase de ton ami: « un dialogue est deux monologues qui se battent » est une phrase incroyable , belle et très juste.

  2. Laurent says:

    Je comprend pas. Tu cherches la formule du dialogue dans l’écriture (d’un roman ou d’une nouvelle) ou dans la vie?
    Comme Nathalie je pense que la phrase de ton ami est magnifique et assez vraie.

  3. Audrey says:

    Je ne sais pas pourquoi mais ton texte me fait penser à la série Mad Men. Il y a quelque chose de similaire. Paraître pour être et des dialogues de sourds tout le long.
    Pourtant j’ai l’impression que parfois on est plus spectateur qu’acteur de sa vie.

  4. Fred says:

    J’aime la photo. C’est où?

  5. Bonjour Murielle.
    Oui, belle phrase que celle de ton ami, un dialogue c’est des monologues qui se battent, oui peut-être, c’est pas faux.. mais c’est pas tout juste non plus :)
    Alors comme j’aime bien cet article je mets un like, et pour éviter de faire un livre que je n’aurais pas le talent pour écrire de toutes façons, je vais faire court : ;)

  6. Parfait et impitoyable.
    Pas d’objections de ma part.
    Tu enfiles les verités avec une habilité étonnante.
    Bonne soirée.

  7. svp corrigez cette horrible faute d’orthographe que j’ai grossièrement étalé sur votre page. Merci ;)

  8. « C’est presque impossible de vraiment penser à quelqu’un d’autre, encore moins de l’écouter. » c’est impossible ou ce n’est pas . Mais presque ( ? ).
    Oui disons alors que c’est rare , inhabituel , dans le monde , mais pas impossible . Ce genre de chose s’enseigne et s’apprend depuis des millénaires mais bon faut avouer que penser à quelqu’un d’autre que soi de prime abord , c’est pas très engageant ,…. mais en réfléchissant on découvre un bienfait, un intérêt , pour tous y compris pour nous même . Bien sur les mauvais plis ne disparaissent pas du jour au lendemain mais petit à petit avec les outils de notre vie humaine , persévérance , mémoire , vigilance , réflexion , pratique …. la vapeur peut s’inverser , le dialogue commencer avec l’autre

    Oui une multitudes de mes gestes , paroles , pensées , outils , activités , sphères , phénomènes révèlent mon auto-chérissement , à chaque instant , jour et nuit , sans relâche … j’en suis juste à observer , comprendre que mes souffrances en découlent . Vraiment , c’est pas une mince affaire mais je suis heureuse d’avoir le loup dans la bergerie , j’ai la bête à l’oeil :-)
    J’espère que mon monologue ne t’aura pas trop lassée et qu’il sera utile à autre chose qu’à mon auto-chérissement

    bon ensuite il y a des situations , des conditions qui alimentent le monologue ; tu as raison elles ne sont pas causes , justes conditions , néanmoins , en attendant de faire mieux , agir sur les conditions permet de ne pas rajouter de l’huile sur le feu …
    mais on fait ce qu’on peut face à ce monstre gourmand
    En même temps si c’est l’occasion de se rendre compte ….
    Je savais que je devais passer par ici aujourd’hui mais je ne m’attendais pas à un tel écho .
    Bien à toi et merci

    • merci pour le commentaire :-)
      je crois au dialogue mais on est tellement vite envahi(e) par ses propres pensées, soucis, et autres parasites extérieurs et intérieurs…

  9. ..et merci pour la citation de Shakespeare
    très inspirante ; elle complète bien ce que j’ai cru comprendre de ton propos

  10. « Il suffit de lire les commentaires hors sujet, ceux qui n’ont absolument pas lu un article mais le commentent tout de même ou cliquent sur « j’aime » sans chercher de sens. »
    Entièrement d’accord. Il y a une mesure de rétorsion possible : supprimer les « like » sur son blog.
    Mais il y a pire, il y a ceux qui s’exercent au commentaire pseudo-poétique ou pseudo-profond du genre : « Des mots riches de vérité, irrévocables..les âmes esseulés s’enlacent et attendent avec résilience, etc, etc.. » Les gens écrivent ça au km !!!
    A chaque fois, j’ai envie de me moquer, mais je me retiens, car ce n’est pas sur mon blog :) :)

    • Je comprends la tentation de la moquerie :-) mais je suis persuadée que parfois il y a du second degré ou de l’ironie qui passe mal par écran interposé. Dommage. J’aime la taquinerie mais j’ai tendance à l’éviter en ligne parce que je n’ai pas envie de la justifier par un « je plaisante! » ou un « il faut de la légèreté! »…

      • Exact, il faut faire très attention, surtout dans les controverses sur des sujets sérieux (guerre, religion, etc) car les quiproquos sont fréquents à l’écran.

  11. En effet, très bien : « Les rites d’interaction » d’Ervin Goffman. C’est une lecture universitaire, ce n’est pas du Marc Levy.

  12. Fred says:

    Il y en a une qui ne peut s’empêcher de prouver qu’elle existe en tweetant conneries surconneries, c;est la mère Boutin. Mais là ça tourne à la névrose cette volonté de valider son passage sur cette terre

    • Incroyable les conneries qu’elle accumule! Faut-il qu’elle
      1. ne s’aime pas
      2. ait un GROS problème psycho
      pour être si en colère contre les femmes (voir sa sortie sur Angelina Jolie) et les gays

quelque chose à dire