Aujourd’hui

écrit par murielle

La nuit dernière, j’écrivais sur ce qui m’empêchait de dormir. Pourtant ce n’était pas faute d’avoir eu une journée animée et efficace. Cette semaine le monde semble plus cassé et fragile et paralysé que la normale. Pourquoi ? Ma conjecture est que la lune est trop proche de la terre et toute l’eau dans notre corps est aspirée dans nos têtes et la plupart de cette eau est remplie d’hormones, des souvenirs de colère refoulée que nous avons stocké dans nos rotules. Ou un truc à voir avec l’alignement des planètes en bélier. Croyez-moi. Une fois, j’ai lu un article sur l’astrologie.

Quoi qu’il en soit, ce matin, j’étais au téléphone avec un ami à me plaindre de ma difficulté à me motiver le matin due à la fatigue qui s’accumulait. Il me disait que j’avais juste besoin de commencer lentement et d’accomplir une chose aujourd’hui, une seule chose et que ça suffirait, vu tout ce que j’avais fait hier. Alors j’ai descendu la poubelle et pris le courrier.

Puis j’ai appelé le commissariat.

Le jeune couple du dernier étage a décidé de se disputer très bruyamment, très violemment. Les voisins se sont mis à la fenêtre et chacun y est allé de son portable pour appeler la police. Il parait que ce n’est pas la première fois. Je ne sais pas, je ne suis pas toujours chez moi.

Et de me demander quoi faire en attendant. L’envie de frapper à leur porte, leur dire de se calmer, que la police allait arriver, qu’ils ne fassent rien qu’ils pourraient regretter, qu’il arrête de l’insulter, qu’elle arrête de crier. Mais je n’ai rien fait. J’ai attendu, jusqu’à être soulagée d’ouvrir enfin la porte aux hommes en bleu.

Il n’y a pas eu violence physique, uniquement verbale. Quelques objet cassés. Il s’est calmé, elle lui a dit que ça allait. Je les ai vus partir plus tard, main dans la main et s’embrasser. Je suis triste pour eux.

J’ai réalisé que ma journée était fichue et il n’était même pas encore 10h. Cela ne peut qu’aller mieux. Parfois, tout est dans la façon dont vous regardez les choses.

Comments: 10

  1. Fred says:

    Une journée à effacer. Moi aussi je suis triste pour ce couple.

  2. LO says:

    Souvenirs… de trop longs mois passés à écouter ma voisine du dessus se disputer avec ses compagnons successifs, à guetter l’instant où tout peut déraper, le téléphone en main, le coeur battant… et finalement l’entendre donner le mot d’ordre « Arrête ! » alors que les meubles valsent et la vaisselle se brise. Et, plus tard, la police repartie, les esprits calmés, les écouter se réconcilier sur l’oreiller. Le lendemain, les croiser, elle et ses ecchymoses.
    Tristes nuits, triste amour.
    Depuis qu’elle a déménagé, je vois en effet les choses autrement :)

    • l’horreur..
      j’espère que cela ne sera pas le cas. mais le sentiment qu’ils confondent passion et abus

  3. Nathalie says:

    Tu as fait ce qu’il y avait à faire en appelant les flics.

  4. L’art de transformer un événement assez ennuyeux en quelque chose d’intéressant, finalement. J’aime beaucoup la rupture : « Alors j’ai descendu la poubelle et pris le courrier. »
    Chez nous en banlieue (Fresnes/Antony), la police ne vient pas pour ce genre de chose, à moins d’avoir des relations dans la police. « Demerde at vos », comme on dit.

    • merci!
      Il a fallu quand même trois essais avant d’avoir quelqu’un au téléphone, ça sonnait dans le vide et plus de 20 minutes d’attente avant qu’ils arrivent. Tout de même, il sont été ensuite plutôt efficaces. Dialogue en douceur.

  5. Laurent says:

    J’ai moi aussi aimé cet humour au début et brusquement le drame. Tous les deux sonnent vrais, l’art de raconter les choses de la vie.
    C’est triste ces couples qui confondent les cris, injures, réconciliation sur l’oreiller avec la passion amoureuse.

    • C’est à dire que je ne pourrais pas vivre avec un homme qui me traite à plusieurs reprises de sale connasse et sale pute. (Et je n’ai rien contre les putes). Mais une injure (ailleurs que dans un jeu de rôles) ça sonnerait la fin.

      • Laurent says:

        Jeu de roles :-) Oui c’est le seul moment quand les injures sont admises

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