pas aujourd’hui

J’ai eu un jour formidable. Peut-être un des meilleurs depuis longtemps. (Je ne compte pas ceux que je passe avec Jules et qui sont bien entendu hors compet’).

J’ai eu un jour formidable. Et je crois être encore un peu saoûle des bellinis faits maison pour célébrer ma journée.
Il y a des jours, jusqu’à présent, où je suis rentrée chez moi
en pleurant,
en ralant,
en doutant,
fatiguée,
énervée,
blessée.

Il y a des jours, jusqu’à présent, où je suis rentrée chez moi
en chantant,
en riant,
en plaisantant,
bien accompagnée,
amusée,
motivée,
mais ils étaient un peu moins nombreux.

Aujourd’hui mes rendez-vous ont été fantastiques, les interlocuteurs sympathiques et le banquier intéressé.
Le soleil a brillé. J’ai beaucoup éternué, je suis très enrhumée mais le meilleur de tout, aucun pigeon ne m’a fait dessus.

Vous voyez, j’habite près de la cathédrale, et il y a beaucoup de pigeons sur le parvis. Régulièrement je marche sur leur fiente et ça me met de mauvaise humeur. Moins régulièrement un pigeon se soulage sur moi. Il suffit d’un rendez-vous important pour savoir que je vais passer par les toilettes du café voisin pour un « rinçage » express parce qu’un de ces rats volant aura fait sur moi.

Et je sais qu’un jour – un jour quand j’en aurai le moins besoin – un pigeon fera encore sur moi.
Ou, plus probablement, un jour où je me sentirai rejetée et mal aimée, je vais passer par le parvis, glisser sur cette horreur blanche et puante et ensuite être chi** dessus.

Et puis l’un de ces pigeons se posera sur moi.
Et me donnera la peste.

Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui était un jour formidable.