La folk music

Retro microphone

et pourquoi il faut rendre hommage à Pete Seeger

Vous n’avez pas à écouter la musique de Pete Seeger pour sentir son effet sur la musique populaire des 70 dernières années. C’était son influence qui a installé une boussole morale chez beaucoup de chanteurs et compositeurs, qui a veillé à ce que, même dans les moments où l’industrie menace d’être emportée par la vague du culte de sa propre célébrité, par les excès cupides les plus gonflés, par le merchandising et le reste, la voix d’une conscience sociale reste encore entendue.

Avec Woody Guthrie et Lead Belly, il a apporté la musique des fermes, des terriens, des ateliers clandestins et des routes solitaires dans les salons de l’Amérique – et plus tard dans ceux du monde entier. En refusant que les musiques traditionnelles meurent, en « semant la musique du peuple », comme il le disait, il a servi à maintenir en vie un sens moral, même quand cet élément si fragile semble asphyxié.

La folk music est la musique des principes moraux et de la conscience politique. Des mots désuets qui pourtant se doivent de rester vivants. C’est ce qu’il a accompli avec The Weavers, le groupe qu’il a formé en 1950. Quand la chasse aux sorcières fut ouverte, leur sympathie connue pour le parti communiste les a éloignés des stations de radio, télévision et des promoteurs de concerts. Le refus de Seeger de divulguer ses opinions politiques devant la House Un-American Activities l’a exposé à des épreuves inimaginables pour n’importe quel chanteur populaire aujourd’hui.

Mais c’était le destin de Seeger d’être aimé et haï par exactement les bonnes personnes.

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