La femme est un homme…

…comme les autres, mais moins chère.

Donc… Lundi 7 Avril c’était Equal Pay Day : la journée internationale de l’égalité salariale.  Jusque là c’est bien. Non pas d’être moins payée que son collègue masculin mais de mettre le projecteur sur une inégalité complètement absurde.

Donc… en cette journée, je lis quelques trucs en ligne, et je tombe par hasard sur une intervention de la ministre des Droits des Femmes Najat Vallaud-Belkacem qui lance une application « Leadership Pour Elles »  qui « a pour objectif de lutter contre un paramètre qui n’est pas vraiment mesurable : une différence de confiance en soi qui se traduit par des attitudes différenciées au travail« , a précisé la ministre.

De même, des accompagnements existent pour les chefs d’entreprise dont certains sont détaillés sur un article en ligne. « L’antenne BPW se donne aussi pour mission de coacher les femmes pour qu’elles apprennent à affirmer leur valeur professionnelle, notamment lors de la négociation du salaire. Les femmes peuvent être leur meilleur ami comme leur pire ennemi : elles doivent prendre conscience que leur force de travail vaut quelque chose et qu’elles doivent donc être rémunérée à leur juste valeur« .

equal-pay-dayEt voilà. Me voici maintenant un petit peu agacée. Je lis ceci, j’entends cela et je me dis que c’est presque la faute aux femmes si elles ne sont pas payées pareil que les hommes. M’enfin, quoi, elles attendent quoi ces femmes pour prendre confiance en elles, à croire qu’elles manquent d’ambition. C’est pas la faute au chef d’entreprise masculin, patriarcal, voire sexiste de moins payer une salariée. C’est la faute à la salariée de ne pas savoir se mettre en valeur, exiger respect et égalité. Ben ouais quoi.

Heureusement, une application lui montrera qu’elle n’a pas assez confiance en elle, que c’est de sa responsabilité d’être plus assertive et qu’il faut qu’elle se bouge le cul pour avoir les mêmes droits qu’un salarié. Il serait temps qu’elle comprenne qu’elle vaut quelque chose. Et si le boss dit non, on supposera que c’est parce qu’elle n’a pas assez prouvé sa valeur. On fait quoi ensuite? On mange du chocolat pour se consoler et on économise pour acheter un nouveau sac à main vu qu’on touche pas pareil.

Je me trompe peut être mais toutes les nouvelles entendues ce lundi sur l’égalité salariale mettaient le doigt au mauvais endroit. J’aimerais qu’on arrête de pointer la responsabilité des inégalités sur les attitudes des femmes, et qu’on dénonce un peu plus que le montant d’un salaire est décidé par quelqu’un d’autre.
Il y a quelque chose qui me gêne, quelque chose de malsain dans ces commentaires. C’est encore la faute aux femmes, une réflexion trop proche du « elle l’a provoqué », « elle l’a un peu cherché » quand elle se fait taper dessus ou agresser sexuellement. J’extrapole certainement mais j’ai envie de râler parce qu’encore une fois les femmes doivent se sentir responsables voire coupables si quelque chose ne tourne pas rond sur cette terre.

Il ressort d’un rapport de la Commission européenne, de décembre 2013, sur la mise en œuvre des règles de l’UE relatives à l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d’emploi (directive 2006/54/CE) que plusieurs facteurs font obstacle à l’égalité salariale, tels que le manque de transparence des systèmes de rémunération, le flou juridique entourant la notion de «travail de valeur égale» et les barrières d’ordre procédural.

Et de souligner les entreprises pour lesquelles j’ai travaillé qui avaient une grille salariale unique/unisexe basée uniquement sur l’ancienneté et le poste occupé. Pas de ressentiment, pas de jalousie, pas de crise de confiance, pas de compétition. Avec l’envie de travailler en équipe pour des personnes/places qui respectaient ses employé(e)s.