De l’importance des mots…

écrit par murielle

… et de leur usage

J’ai une règle. Si quelqu’un qui se veut journaliste ou commentateur de l’actualité (se pensant donc suffisamment intelligent et informé pour partager son analyse) utilise dans un article un mot – qui désigne une maladie psychique – à mauvais escient, j’arrête ma lecture, je poste un commentaire quand c’est possible et je ne lis plus aucun article signé du nom de ce journaliste.

Parce que la rigueur journalistique est également dans le choix des mots, leur sens et leur interprétation. C’est insupportable de lire quelque chose qui se veut bien écrit quand ce n’est qu’un ramassis de mots compliqués, fumeux et plus encore, inadéquats sous prétexte d’humour ou de simplification – plus qu’excessive.

Trop sensible? Certainement. Mais je suis aussi à cheval sur le vocabulaire. Après tout, il y a suffisamment de mots dans le dictionnaire pour prendre le bon de manière considérée. C’est ça aussi le journalisme : choisir le mot qui convient afin de donner une information de qualité. Surtout quand les maladies psychiatriques/psychiques sont encore dépréciées et que ceux qui en souffrent et les vivent au quotidien n’ont pas toujours les moyens ou les capacités de trouver une place dans la communauté.

Ci-dessous un un article écrit par Didier Pourquery pour le magazine du Monde aujourd’hui :

Juste un mot. Autiste

À lire et méditer….

 

 

Comments: 14

  1. Audrey says:

    Très bon article de ta part et de celui du Monde. C’est vrai qu’on entend et lit beaucoup de commentaires de journalistes employant les mots schizophrène ou autiste. Je me souviens également d’un commentaire que tu avais laissé sur le blog de quelqu’un qui ne vient plus ici, pour dire ton mécontentement sur son emploi du mot « schizophrène » qui n’avait aucun rapport avec le sujet de son article.
    Personne n’oserait comparer une personne à un cancéreux ou autre maladie plus visible et plus connue.

  2. Peyo says:

    Merci de mettre le lien de l’article. Je suis aussi entièrement d’accord avec ce qui est écrit ici et dans l’article.

  3. Laurent says:

    Oui moi aussi! Je pense qu’à partir du moment ou un journaliste mélange les mots, ça veut dire qu’il n’a pas fait son travail, qu’il confond les choses et donc qu’il n’est pas professionnel. Dans ce cas aucun raison de continuer la lecture ou d’écouter et lire son point de vue. Si quelqu’un est capable de stigmatiser une tranche de la population par ignorance, par bêtise ou pour faire un bon mot, c’est qu’il ne fait pas un bon boulot d’information. Un journaliste est là pour informer voire éduquer, s’il ne le fait pas, il est à éjecter.

  4. Fred says:

    Ma première réaction est de penser au politiquement correct et puis je comprends la différence. Il y a des mots qui doivent être utilisés dans le bon contexte. Utiliser les termes psychiatriques est marcher sur le fil du rasoir quand on n’a pas la connaissance des maux et des mots et qu’on n’a pas la sensibilité. Parler d’autisme pour le président de la république est tout aussi imbécile que de dire de quelqu’un qu’il est schizo parce qu’il change d’avis ou d’humeur.
    Je pense aussi que c’est un manque de talent que d’aller vers la facilité.

    • Je ne suis pas d’accord sur le politiquement correct. C’est important parfois de surveiller son language quand on a une fonction publique. C’est parce que le pc existe qu’on n’entend plus aussi souvent des mots comme « nègre », « mongolien », etc
      Et je trouve ça plutôt bien…

  5. Benoit says:

    Je ne sais pas si je suis d’accord avec toi. On peut faire des erreurs et employer un mot pour un autre. Ça m’arrive de dire « psychoter » quand je veux dire « m’inquiéter ». Dire de quelqu’un qu’il est autiste c’est une façon facile de montrer quel genre de caractère il a.

    • Ce que tu dis dans le cercle privé est plus acceptable même si parfois discutable que ce que dit un journaliste qui a une mission d’information. Une opinion doit se baser sur un fait et une exactitude. Ça fait partie de l’éthique d’un métier tout de même!
      Quant au terme autiste, le spectre de l’autisme est très large, donc encore une fois c’est ridicule d’associer un trait de caractère à une maladie ou un trouble psychique.

  6. Sébastien says:

    C’est très bien d’avoir des principes mais ce ne doit pas être facile tous les jours vu les conneries qu’on peut entendre et lire!

  7. Amaya says:

    merci pour l’article .

  8. J’avais une collègue qui avait une fille autiste qui avait des crises de violence difficiles à gérer. Elle a été obligée de la confier à temps partiel à un institut spécialisée. C’est une maladie provoquée par un défaut génétique. Il y a le beau livre de Daniel Tammet : « Je suis né un jour bleu » sur son autisme.
    « 

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