Celle qui dit non

On apprend des choses quand on se trouve privée d’internet. Faut-il que mon monde ne tourne pas rond pour me sentir coupée de lui. Ne pas pouvoir lire les journaux en ligne et dépendre uniquement de la ligne éditoriale des radios. Ne pas pouvoir visiter les blogs, ne pas aller sur mes forums préférés. Ne pas avoir accès aux e-mails. Ne pas tout bêtement surfer sur le net.

Le week-end n’était pas solitaire mais il m’a tout de même vu tenter de dompter mon léger désoeuvrement à la nuit tombée.

J’ai donc décidé de passer quelques heures sans sommeil à trier photos et films. Le nombre élevé des photos eut raison de ma volonté. Les films par contre… Il était temps de trancher dans le vif. Décider de ce que j’allais garder /archiver, (re)voir ou mettre à la corbeille.

La tâche accomplie, pendant que les autres dormaient toujours d’un sommeil du juste, je continuais de me demander ce qui se passait ailleurs. Pourtant je suis pratiquement sûre que je ne suis pas atteinte du syndrome Fomo (fear of missing out – la peur de manquer). Ma tendance antisociale à peine maîtrisée me pousse dans l’autre catégorie, les Jomo (la joie de manquer).

Je fais la liste des invitations que je décline parfois, des endroits où je ne vais pas, des fêtes qui se déroulent sans moi, des débats auxquels je ne participe pas. Comme si une fois habituée et hyper-connectée, j’avais décidé de ne plus beaucoup participer.

Mais cette pause forcée fut révélatrice. Parce-que ce n’est pas pour autant que j’ai pu me détendre. Comme quoi le cerveau et les habitudes qu’on lui donne est une machine complexe. J’avais beau être la première à penser et me dire, « très bien ! l’ordinateur va rester fermé sur son étagère, je vais passer moins de temps le nez collé à l’écran», j’ai aussi montré des signes évident de frustration et d’agacement.

J’ai compris que même dans la non action, je voulais être en charge. Je voulais être celle qui décide de ne pas se connecter. Je voulais prendre cette décision. Je voulais être celle qui dit non.

12 Comments

des choses à dire

Je comprends. J’ai la même réaction. Si quelque chose m’est imposé, même si ça a des conséquences bénéfiques, c’est difficile à accepter. C’est important d’être décisionnaire.
Le truc c’est que le temps passé sur internet peut être du temps perdu. Et encore, toi tu n’es pas branchée réseaux sociaux traditionnels.

Il y a autre chose dans la vie sur internet que facebook. Il y a plein d’autres réseaux sociaux qui sont populaires mais moins omniprésents.

Ne pas être sur internet permet aussi de faire des choses pour les qu’elles ont avait pas pensé
Être aussi plus présent avec le monde réel même si les informations manquent nous vivons dans une bulle

Oui c’est âtre plus ancré dans quelque chose de concret mais internet peut être aussi très réel quand il s’agit de communiquer avec ses amis du bout du monde.
Et bonjour!

Je n’ai aucun mal à quitter internet pour faire du rangement ou des petits travaux. En revanche, en voyage à l’étranger, c’est essentiel pour visualiser les parcours, réserver les hôtels et garder le contact avec la famille ou autres. Sans oublier la surveillance du compte bancaire !

Je suis Fomo. Ne pas savoir ce qui se passe et ne pas être impliqué d’une façon ou d’une autre c’est quelque chose qui m’est difficile. C’est pas tant les réseaux sociaux que d’avoir dans ma boite email des invitations, des newsletters de ce qui se passe dans ma région. C’est stupide mais savoir qu’il y a quelque part une fête à laquelle je ne suis pas me ferait de la peine.

« je veux être celle qui décide  » c’est très justement vu !!! … enfin je crois bien me représenter ce que tu dis là … c’est un bon support de réflexion je trouve , comme le parfum d’un beau et vaste voyage intérieur …. ça donne envie d’aller plus loin . Merci

quelque chose à dire

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