Cinquante nuances

Written by murielle

La St Valentin approche et les cyniques du monde cinématographique ont prévu la sortie d’un film le 11 histoire que le 14 ce soit la fête à la maison.

Oui, enfin Cinquante nuances de Grey sort au cinéma ! Le mois de février va devenir plus frénétique sous les draps, dans la salle-de-bain, dans la voiture, dans les cabines d’essayage, les donjons, le bureau du chef comptable et dans les jardins publics. Bonne nouvelle, puisque j’ai entendu dire qu’au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis, la fréquence des rapports sexuels diminue. Ce serait apparemment de trois à cinq fois par mois.

Heureusement grâce à E. L. James et maintenant Sam Taylor-Johnson, les femmes qui n’aiment pas les films pornos vont reprendre du poil de la bête en allant voir Jamie Dorman jouer à panpan cucul avec Dakota Jonhson. Et rentrer à la maison pour rejouer les scènes les plus émoustillantes avec au choix les produits dérivés – menottes, loup et fouet ou les ustensiles sous la main – tapette à mouche, corde à linge et le foulard en soie, cadeau de tata Maryse.

Mais rien de tout cela ne me satisfait pas vraiment. Tout d’abord l’histoire elle-même est terriblement mal écrite et les personnages sont des clichés issus de l’imagination d’une « ménagère de moins de 50 ans » qui n’a manifestement pas recherché ni documenté son sujet. Le fait que la jeune femme de l’histoire soit vierge, soumise etc relève des histoires de princesses façon Disney qui n’aident en rien le mouvement des femmes.
Bon, à la rigueur, on peut voir cette histoire comme un fantasme de domination et d’asservissement. Mais aller au cinéma, se retrouver coincée entre un couple qui glousse d’anticipation et une copine blasée, avec tous ces bruits et des corps qui se tortillent façon sexy alors qu’il y a autant d’alchimie entre l’acteur et sa partenaire qu’entre Mireille Matthieu et Joey Starr, me fait tourner de l’oeil.
Et dans quoi est allé se fourrer – pardonnez moi l’expression – Jamie Dorman qui était formidable dans The Fall ?

Il est bien sûr formidable que les femmes assument lire et regarder du porno, se masturbent d’une manière insouciante et se veulent décadentes. Mais cette mode, ce courant lancée par une femme qui a écrit les phrases suivantes me donnent presque envie de me précipiter pour acheter un tablier de cuisine et commencer à polir l’argenterie.

« Je commence à me raidir tandis qu’il continue à me pilonner sans trêve. Mon corps frémit, se cambre ; je sens la sueur m’inonder. Oh mon Dieu… Je ne savais pas que ce serait comme ça… Je ne savais pas qu’on pouvait se sentir aussi bien. Mes pensées s’éparpillent… il n’y a plus que la sensation… plus que lui… plus que moi… de grâce… je me raidis.
— Jouis pour moi, Ana, chuchote-t-il à bout de souffle.
À ces mots, j’explose autour de lui et j’éclate en millions de morceaux. »

« Tu te mords la lèvre et tu ne m’as pas répondu, dit-il en se renfrognant.
Je lui souris malicieusement. Il est sublime avec ses cheveux en bataille, ses yeux gris brûlants et son air sombre. »

Bien entendu on ne peut pas légiférer les fantasmes, ni les mettre dans des cases. De là à regarder le film, non merci.

17 thoughts on “Cinquante nuances

  1. Nathalie says:

    ha ha ha. Comme toi je ne pense pas que ce soit une grande oeuvre littéraire ou cinématographique. Mais ça aura du succès, hélas

    • C’est le film parfait pour les deuxièmes parties de soirée, quand les petits sont au lit et que les parents ont besoin d’un peu de piment dans leur vie matrimoniale, non? « Chéri, sors les pince-têtons et fais moi mal pour de faux »

  2. Amaya says:

    « me donnent presque envie de me précipiter pour acheter un tablier de cuisine et commencer à polir l’argenterie » :lol: ça c’est excellent et plus emballant que toutes les nuances ! :lol:

    ( bon sinon il fait parti de ceux que je n’irai pas au cinéma pour les voir , j’attendrai sa sortie en vidéo )

  3. Amaya says:

    :oops: désolée pour ma formulation de paysanne ! :lol:

    • la phrase est drôle, plus parlée qu’écrite mais on comprend :-)

  4. Le texte a déjà été la risée des plateaux de télé, tellement c’était tarte. Je l’aurais probablement lu volontiers en cachette à 13 ans, c’est sûr :). Pour le film, je n’ai aucune envie de le voir, quoique, la tapette à mouche…Je préfère revoir le film de Bunuel avec Catherine Deneuve.

  5. Benoit says:

    La tapette à mouches sur le bureau du chef compta, c’est l’idée discount pour ceux qui aiment 50 nuances mais n’ont pas les moyens, c’est ca?
    Burntoast a raison, tant qu’à voir quelque chose qui peut donner des sensations autant voir Belle de jour ou d’autres films érotiques japonais qui sont beaucoup plus instructifs

    • Oui mais c’est le genre de film très aseptisé qui plait car il titille façon magazine de mode.

  6. Laurent says:

    Je trouve que c’est gaspiller un ticket de cinéma que d’aller voir ce film. C’est un peu comme lire Marc Levy et penser que c’est de la littérature. Il y a tant d’autres films à voir avant celui. Je sais que c’est méprisant de dire ça mais il suffit de voir la bande annonce pour comprendre que ça va être nul. La fille a autant de charisme qu’une sole meunière et le mec fait trop lisse. Tu en avais déjà parlé mais s’il faut voir un film sur les relation SM, « La Secrétaire » est beaucoup mieux!

  7. Fred says:

    Résumé du livre par Laurent Baffie qui se moque du livre mal écrit : « il la retournit et il l’enculut »

  8. Vous plaisantez mais j’ai fait une machine à fessées avec une tapette à mouche ;) 2 exactement, on appuie sur un bouton et clac clac clac, les deux tapettes fouettent ;) ;)
    La secrétaire était marrant oui avec Maggie Gyllenhaal justement. Maisle film et le bouqun ont l’air vraiment d’un ennui…

  9. Benoit says:

    C’est bien de lire que des femmes n’aiment pas ce livre. Il y a eu une telle vague avec le livre que c’est à désespérer du goût des femmes et de leur aptitude à voir ce qui est bien ou pas. c

  10. Elisa says:

    Je n’ai pas encore vu le film, j’attendrai qu’il passe sur M6 ou TF1. Mais le peu que j’ai lu du livre me donne surtout à penser que c’est la version sexy d’une relation abusive. Le contrôle qu’exerce l’homme sur le jeune fille n’est pas une relation SM, c’est le contrôle qu’a un homme violent sur une femme.

    1. « Oui, j’exerce mon contrôle dans tous les domaines, mademoiselle Steele, affirme-t-il en souriant sans une trace d’humour. »
    2. « Si vous étiez à moi, après votre petite escapade d’hier soir, vous ne pourriez pas vous asseoir pendant une semaine. » (L’escapade étant une sortie entre filles la veille).
    3e exemple : « Pourquoi n’as-tu pas répondu à mes mails et à mes SMS ? » « La première chose que je fais, c’est de vérifier mon téléphone. La batterie est à plat : je dois retrouver mon chargeur et le brancher avant de consulter mes messages. Quatre appels manqués, un message vocal et deux SMS. »

    J’aurais une copine qui a un mec comme ça, je lui conseillerais de faire attention, il a tout du mec possessif, limite violent qui ne supporte pas que sa copine soit indépendante et a besoin d’elle tt le temps.
    Le fait qu’il soit présenté comme beau et riche n’enlève rien au fait qu’il semble le mec dangereux dans une relation.

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