Dès la première image, difficile de ne pas être accroché. Un soleil voilé, une lumière blanche qui se reflète sur les gros blocs de glaces, les vagues et l’écume qui se jettent sur le sol noir. Magnifique. Une silhouette blanche au loin et des cris. Un autre homme est en train de se faire déchiqueter par un ours polaire.

Oui c’est le tant attendu Fortitude , la nouvelle série au gros budget qui se passe dans l’Arctique.

Une partie du plaisir à voir une série dont on parlait déjà avant même la production, est dans la reconnaissance de visages familiers et appréciés. Se souvenir des histoires dans lesquelles ils ont été impliqués. N’était-il pas celui qui a épousé cette fille, qui s’est avérée être la meurtrière. Et la fille de l’hôtel, dans quoi jouait-elle déjà ? Elle avait les cheveux long avant.

Une autre partie du plaisir est de rentrer dans l’histoire immédiatement même si tout n’est pas compréhensible. De suivre une histoire sans savoir si c’est un thriller, un truc plus psychologique ou carrément un mélange des deux avec une pincée de surnaturel ajoutée au mélange. De terminer le premier épisode avec l’envie d’en voir plus.

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Le synopsis :

A Fortitude, une petite ville au cœur de l’Arctique jusqu’ici tranquille, les habitants sont secoués par le meurtre violent d’un scientifique britannique. Le shérif local Dan Anderssen mène l’enquête avec le détective anglais Milton Caldwell.

À la surface, cette histoire d’assassinat et ce qui en découle sonne comme une tentative britannique de faire du scandi-noir mais ce serait s’emballer trop rapidement. Parce que Fortitude est un autre genre de bête. C’est autant une histoire d’horreur que de crime. Des images impaires, décalées, proches de Twin Peaks, conte claustrophobe dans une petite ville où il est interdit de mourir. 

Mauvaise nouvelle pour tous ceux qui espèrent de longs plans sur Sofia Gråbøl et ses gros pulls. Mais bonne nouvelle pour ceux qui sont à la recherche d’une série à suivre dans ces mois d’hiver sombres. Gråbøl est la gouverneur charismatique de la ville du cercle arctique, entourée dun véritable ensemble, avec un casting étoilé qui comprend Michael Gambon, photographe de la faunequi a peut-être vu quelque chose qu’il ne devrait pas – Christopher Eccleston à la tête du Centre de recherche de l’Arctique chargé d’évaluer l’impact environnemental des plans de l’hôtel du gouverneur et Stanley Tucci comme un détective envoyé de Londres pour aider le chef de la police locale après la mort brutale du scientifique.

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Fortitude est un endroit où personne ne peut faire confiance, une ville sur le bord du monde où ceux qui ont choisi de vivre ici côtoient ceux qui y ont échoué. Ces lieux portent leur propre tension pleine d’une violence à peine contenue. C’est un endroit vulnérable, au bord de la civilisation. Il y a quelque chose de subversif et secret dans ce monde là.    (Pour information Fortitude est un endroit fictif, supposé se trouver quelque part dans le territoire norvégien de Svalbard. La série a été filmée en partie à Reyðarfjörður, en Islande.)

Quelque chose de cette atmosphère secrète saigne dans l’épisode d’ouverture. Des attaques d’ours, un virus, une petite communauté de travailleurs de la mine, des scientifiques et des bouées dérivantes, un malaise et la prise de conscience que ces personnes sont vraiment seules.

Peut-on vraiment faire confiance au chef de police Dan Anderssen (Richard Dormer) avec sa mystérieuse capacité à être présent presque immédiatement après qu’une catastrophe se produit? Ou son nouvel adjoint, un vétéran de la guerre d’Afghanistan avec une femme solitaire, un enfant malade et les yeux baladeurs? Quelle est la vraie histoire avec la gouverneur /avocate qui semble jalonner sa carrière sur la future construction d’un complexe hôtelier menacée par une découverte inattendue dans la glace?

Mais ce qui marque Fortitude n’est pas que l’intrigue. C’est aussi le rythme et le sens du lieu. Ce qui n’est pas une surprise étant donné que les meilleurs séries policières ont toutes une bonne compréhension de la mise en scène ; que ce soit les rues pavées d’Heben Bridge dans Happy Valley ou les marais mystérieux de True Dectective. Fortitude tire le meilleur de son emplacement, la caméra capturant la lumière qui scintille des calottes glaciaires, les aurores polaires et le blanc aveuglant.

« Il y a des monstres et vous ne les voyez pas venir »  remarque la belle Elena, se référant à la fois aux ours qui rôdent la périphérie de la ville – forçant tous les habitants à circuler avec une carabine – et aux personnes vivant dans la ville. Rien n’est simple.

 

 

3 Replies to “Fortitude”

    1. Puisque madame aime les thrillers, elle appréciera. Ce serait bien que ce soit sur Arte, histoire d’avoir aussi la version VO avec tous les accents, danois, écossais, anglais, suédois et les autres.

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