The Legacy

C’est sombre et danois alors bien sûr il y a une mort. Mais ce n’est pas ce genre de mort. The Legacy se démarque de ce que nous connaissons des séries télévisées nordiques les plus dramatiques. Ce n’est ni une maison-charnier fétide où les flics sont aussi bizarres que les tueurs, ni un lieu ensoleillé, plein de sourires et avec une représentation proportionnelle.

La dernière exportation de la chaîne danoise DR appartient à une ancienne forme d’histoires scandinaves: la saga d’une famille troublée dans laquelle une bombe plantée dans une passé lointain explose dans le présent. Pensez Ibsen avec une voiture Volvo.

The Legacy, écrit par Maya Ilsøe – dont le titre en V.O est Arvingerne (Les Héritiers) raconte l’histoire des quatre enfants adultes d’une sculptrice de renom Veronika Grønnegaard (qui meurt dans le premier épisode et qui lègue son manoir de Grønnegård à une de ses filles, abandonnée et inconnue des autres protagonistes). Deux de ses fils – Frederik et Emil – sont le produit de son mariage à un homme qui s’est suicidé peu de temps après avoir découvert qu’elle avait donné naissance à une fille, Gro (Trine Dyrholm), faite avec un compositeur excentrique et hippy. Mais elle a aussi une autre fille, Signe, d’une aventure avec un ouvrier du bâtiment, qu’elle a laissée au père pour qu’il l’élève avec sa femme.

Est-ce que vous me suivez ? Si non, c’est beaucoup plus facile à suivre en regardant la série qui est tout sauf du Dallas nordique. D’abord parce que c’est produit par ceux qui ont fait Borgen, ce qui est un signe de qualité. Et puis parce que c’est beaucoup plus proche de nous qu’une riche famille de cow-boys du Texas. Ici, c’est une famille moderne, libérée, élevée à la mode soixante-huitarde avec bien entendu des blessures psychologiques, des ressentiments et des non-dits. La profondeur des caractères est marquante dès le début. Le jeu des acteurs est impeccable dans le style danois: tout en retenue luthérienne, le ton, les haussements d’épaules apportent une tension familière et universelle.

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Carsten Bjørnlund qui joue Frederik est un homme sec, qui maintient un couvercle sur ses émotions même quand, déguisé en Père Noël, il distribue les cadeaux à sa famille alors qu’il vient d’apprendre la mort de sa mère. Je n’allais pas lui laisser gâcher notre Noël, » dit-il à sa femme. Ou Gro qui face au corps de sa mère à l’hôpital, montre puissamment le regret solitaire de la femme à la peine éternelle, fille prise pour acquise et maintenant abandonnée.

Mais tout n’est pas noir et déprimant. Une grande partie du premier épisode présente les personnages avant le deuil et le foule qui viendra les envahir. La fête de Noël est vivante, avec des oiseaux arty, beaucoup d’alcool et où quelqu’un fait un trou dans le plafond pour accueillir le sapin. Tout est chorégraphié avec talent par la réalisatrice suédoise Pernilla August. Et Signe (Marie Bach Hansen), est en effet, comme son surnom l’indique, un rayon de soleil agréable, jolie fleuriste avec un compagnon handballeur.

Cherchez la série en ligne, pétitionnez auprès d’Arte ou une autre chaîne de télé pour la voir. Et ensuite remerciez moi pour vous avoir parlé de cette série télé et pour avoir posté encore une fois la photo d’un des meilleurs acteurs que le Danemark ait donné : Carsten Bjørnlund.

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