qu’importe le flacon… #2

Written by murielle

 

Et voilà, on présente en guise d’apéritifs quelques romans sur l’ivresse et à peine un article publié, qu’il faut déjà une suite. Donc voici la deuxième partie d’un article qui pourrait ne jamais voir la fin.

Suggérés par le lecteur Fred, Le cabaret de la dernière chance de Jack London. Mais je ne l’ai pas encore lu donc je ne peux pas en parler.

Les alcooliques de Jim Thompson

Le Dr Murphy n’arrive pas à prendre une décision. Il doit trouver 15 000 dollars d’ici la fin de la journée pour son centre de réhabilitation sinon il mettra la clé sous la porte. Mais les évènements de la journée ne font que le tenir occupé et lui mettre les nerfs en boule, en plus de le faire douter de sa raison d’être auprès de ses patients. Même ses employés se mettent de la partie pour lui compliquer la vie.

Un dingue de première […]. Un tapé qui travaille de l’alambic. Exactement le type qu’il me faut pour écrire un livre sur cette maison.

C’est ainsi que Jim Thompson, alcoolique chronique parle de lui-même dans un roman noir, parfois ésotérique et fou.

Sideways de Rex Pickett.

Avant d’être un bon film, c’était donc un roman qui m’est complètement passé à coté. Et malgré le succès du film, le livre n’a jamais été publié ici. On suit ainsi la route des vins de la Californie avec deux potes dont l’un va bientôt se marier. Et de boire des vins pour mieux se connaitre, pour savourer encore une fois la liberté et trouver la vérité au fond d’un verre.

« Jack boit de tout tandis que Miles boit du Pinot, un vin capricieux et souvent décevant. Cette attitude métaphorique reflètent leur manière de vivre : Jack agit sans discernement et Miles va toujours vers la déception. Leur voyage atypique est un passage obligé qui les guide vers une autre façon de voir leurs existences« .

Factotum de Charles Bukowski

Hank Chinaski n’a que deux envies dans la vie, boire et écrire. Ce sont peut être aussi ses seuls deux talents. Chinaski ou Bukowski va décrire au plus proche de l’os sa vie d’alcoolique faite de beuveries, de rencontres faites dans la stupeur et les tremblements, dans le brouillard alcoolisé. Une vie de marginal, de paumé et de laissés pour compte.

Franchement la vie me faisait horreur, tout ce qu’un homme devait faire pour avoir de la bouffe, un pieu et des fringues. Aussi, je restais au lit à picoler. Quand on boit le monde est toujours dehors, mais pour le moment il me tient pas à la gorge.

Sur la route de Jack Kerouac

C’est un classique. Est-il vraiment utile d’en parler?

Les seuls vrais gens sont pour moi les fous, ceux qui sont fous de vivre, fou de paroles, follement besoin d’être sauvés, désireux de tout à la fois, ceux qui ne baillent et qui ne disent jamais de banalité, mais brûlent, brûlent, brûlent, comme des cierges jaunes, fabuleux des temps anciens.

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Le soleil se lève aussi d’Ernest Hemingway 

Le roman d’Hemingway que je préfère et dont j’ai déjà parlé. La présentation de l’éditeur est parfaite : À première vue, ce pourrait être un conte grivois et grisé, plongé dans cette ivresse permanente qui voile les nuits françaises puis espagnoles de ces jeunes Américains. Il en ressort d’abord un malaise, celui du désespoir que cache ce goût de l’alcool et de la nuit. Un effet de cynisme suintant et de « désabusement » permanent. Pourtant, derrière la langue rude, charnelle et impeccable de l’ancien journaliste, sourd la lumière. Car le soleil se lève aussi chez les personnages d’Hemingway. Une lumière pudique, silencieuse mais qui révèle les sentiments cachés de ces hommes virils. Alors, au-delà des brumes de l’ivresse et de la dureté des coeurs, percent les rayons de la fraternité, germe la poésie, éclosent les amours.

« Tu es un expatrié. Tu as perdu contact avec le sol. Tu deviens précieux. De faux standards européens t’ont gâté. Tu te tues à force de boire. Tu te laisses obséder par le sexe. Tu passes ton temps à parler au lieu de travailler. Tu es un expatrié, tu comprends ? Tu traînes dans tous les cafés. »

Fauteur de trouble de Richard Yates

J’ai découvert Richard Yates assez tard. Avec chagrin. Vous savez cette sensation que l’on éprouve quand on découvre un auteur, qu’on lit tout de lui puis on réalise qu’il n’écrira jamais plus, qu’on ne pourra plus vivre l’excitation de découvrir son dernier roman. Richard Yates fut un des plus grands écrivains de littérature américaine du XXe siècle. Et pourtant il n’est pas autant connu que ses contemporains comme Philip Roth. L’adaptation d’un de ses romans en un film parfait fut le bienvenu pour mettre en lumière ses romans : Les Noces rebelles (Revolutionary Road). Un film à voir également.

Fauteur de trouble (Disturbing the Peace) chronique la vie de John Wilder, la fragilité de son état mental, son alcoolisme et la crise qui s’ensuit. Il a une petite trentaine, il a du succès dans ses affaires, une femme et un fils qui l’aiment. Mais quelque chose ne tourne pas rond. La vie n’a plus d’intérêt pour lui, ses infidélités maritales le laissent vide et il a commencé à trop boire. Puis une nuit, quelque chose craque, il appelle sa femme et lui annonce qu’il ne rentrera pas…

Je vous conseille donc de vous rendre chez votre libraire ou bouquiniste préféré et de lire tout ce que vous trouvez de lui. Vraiment.

 

2 thoughts on “qu’importe le flacon… #2

  1. J’ai mal au foie rien que de penser à tous ces alcooliques. J’avais un copain qui construit un alambic chez lui et tout avait explosé, laissant une très belle et grande tache au plafond. Comme il était chez sa mère, il y avait eu une sévère mise au point.

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