En avoir ou pas

En Juillet va sortir en France le film While We’re Young. Un drame ou une comédie, c’est selon, réalisé par Noah Baumbach avec Ben Stiller, Naomi Watts et Adam Driver.

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Le synopsis : Un couple de quarantenaires (Naomi Watts et Ben Stiller) s’entiche de deux jeunes ayant l’âge d’être leurs enfants (Amanda Seyfried et Adam Driver), qui leur renvoient une image désirable de ce qu’ils étaient vingt ans plus tôt et une autre cruelle de ce qu’ils sont devenus.

J’attendrai la proximité de la sortie en salles pour faire une critique du film. Mais si le film voulait faire réagir, il a réussi avec succès.

Ils sont émotionnellement et physiquement épuisant, ils sont extrêmement coûteux et, après la prison, ils sont la plus grande réduction de votre liberté personnelle: objectivement, ne pas avoir d’enfants prend tout son sens.

Bien sûr, l’instinct est de perpétuer l’espèce humaine, mais on sait aussi combien les enfants sont la source de bonheur égoïste et d’inquiétude interrompue. Si vous avez le vertige et ne pouvez pas monter dans un grand huit, ayez des enfants. La sensation sera la même. Cela dit les opinions personnelles ne changeront pas vu le nombre de gens dans le monde qui pense que la parentalité ressemble moins à l’arrivée triomphale de Simba et plus au samedi matin dans un supermarché avec un enfant qui fait un caprice à la caisse.

Les chiffres en France sont difficiles à trouver mais aux États-Unis 18% des femmes atteignent désormais la quarantaine sans avoir un enfant, une augmentation de 80% par rapport à il y a quatre décennies. L’année dernière, The Office for National Statistics a enregistré la plus forte baisse de naissances en 40 ans. Une vie sans enfant, soit par choix ou circonstance, est de plus en plus, si ce n’est la norme, une non- anormalité.

Et pourtant, c’est encore traité – par les média, par la culture populaire, par la société – comme quelque chose qui doit être expliqué ou justifié. Encore récemment on m’a demandé pourquoi je n’avais pas d’enfant. La question n’est pas « accusatrice » mais inconsciemment elle demande une justification.
Encore récemment des journalistes posaient la même question à une actrice. Il serait temps que le monde cesse de s’interroger au pourquoi de ne pas avoir d’enfants. A t’on jamais demandé à quelqu’un pourquoi il/elle était parent?

Le film de Noah Baumbach, semble au premier abord se moquer des parents qui insistent auprès de leurs amis qu’ils doivent absolument avoir des enfants. Il y a une scène dans laquelle le nouveau père Fletcher (joué, à la joie des grands enfants, par Adam Horowitz) admet que, vraiment, la parentalité ne l’a pas changé: « Je suis toujours la personne la plus importante dans ma vie », dit-il.

Mais le film progresse et il devient clair que les protagonistes ne seront pas adultes, et encore moins heureux tant qu’ils n’auront pas un bébé. Toutes les erreurs qu’ils ont faites, sont parce qu’ils ont essayé de compenser l’infécondité et le vide de leur vie.

« Ayez des enfants ou vous risquez de devenir un hippie d’âge moyen », qui, pour être honnête, est un argument plus convaincant pour moi de rester nullipare que la poursuite et reproduction de mes gènes.

Peut-être parce que finalement, ne pas avoir d’enfants est souvent une décision beaucoup plus réfléchie que celle d’en avoir. Peut-être aussi qu’il serait utile de cesser d’opposer les multipares et les autres.

Contrairement à ce que la société pourrait encore prétendre, il n’y a pas de bonne réponse au moment de décider de la parentalité. Je soupçonne fortement que les deux parties sont criblées de craintes et de regrets : la peur de l’avenir, le regret de certaine décisions ou styles de vie, la transmission de ses propres doutes ou failles. La peur de ne pas avoir donné assez, assez de confiance en soi, de courage, de force, d’amour, de stabilité et le reste. La peur du manque et le regret du trop.

La vérité adulte est, que l’on est tous gagnants quand il s’agit de regretter quelque chose. Heureusement, tout le monde peut aussi et encore gagner quand il s’agit d’épanouissement personnel. Avec ou sans enfants.

7 Comments

des choses à dire

Entièrement d’accord. Les femmes ont souvent plus de mal et de réticence à expliquer pourquoi elles n’ont pas d’enfants. En tant qu’homme on ne m’a jamais demandé si j’avais des enfants. Mais quand je suis avec Nathalie et donc on est en couple, cela est arrivé. On s’en sort par une pirouette du genre on déteste les enfants.De toute façon il y a plein de domaines où les questions posées attendent une justification. Il est du devoir de l’interrogé de ne pas tomber dans le piège et de ne pas le faire. Dire quelque chose comme « c’est privé » permet de changer le sujet de conversation facilement.

Tu as raison qu’il y a toujours une opposition entre celles qui sont mères et celles qui ne le sont pas, comme si on ne pouvait pas être solidaires et amies même si on a choisi des destins différents. J’ai de la chance d’avoir des amies mères et non mères et on est proches et on s’arrange avec ou sans les enfants. Les moments sans les enfants sont appréciables et les moments avec le sont aussi mais différemment. Quand on veut maintenir une amitié on y arrive.

En ce qui me concerne, ce qui est le plus blessant c’est quand quelqu’un me dit que je ne peux pas comprendre parce que je n’ai pas d’enfant. Tu l’avais dit dans un autre article, mais l’empathie et l’amour inconditionnel ne s’acquiert pas avec la naissance d’un enfant. On peut ne pas avoir d’enfant à soi et éprouver beaucoup d’amour, savoir ce que c’est de faire des sacrifices, avoir peur à chaque instant et s’inquiéter pour quelqu’un. Accoucher ne devrait pas donner des droits ou des sentiments de supériorité par rapport aux autres.

Je suis coupable de tout ça! J’ai compris que la question innocente pouvait être mal reçue de la part des femmes? Je n’ai janais conçu ma vie sans enfants et je ne concevais pas que les autres soient différents. Je comprends depuis peu que chacun a une histoire différente et qu’en avoir ou pas est une décision intime et privée.

My French is rusty, so I will type in English for the sake of facility. I never thought I would have a child. But in my mid-thirties, because where I was at, I decided I wanted to do it, and I had met a good person with which to do it. We have a son of 10 years. I can say that he is the best thing that I have ever accomplished. I have never been so tired in my life. The sacrifices are extreme. Someone I know expressed that the experience was like boot camp, which in the US is a military expression of army training. I have to agree, to a certain degree. Having another person under your care is like training to be a ninja–constantly aware. In my milieu in Los Angeles, most of my friends are artists and musicians, most have chosen to not have children. We all hang out together, and my son is part of their circle. They are happy to be around him as their experience doesn’t allow for regular exposure to small people. I am happy that I chose to do this. I am a person that thrives on change and learning. I would not have moved to this city if I wanted to stay the same. I moved here–I exulted in alternative lifestyles, then I changed and reproduced and started to grow and learn with my son. Life is about learning, and I have never learned so much as with my son. The biggest thing, and this is what all the people are talking about when they say that you can’t know unless you go there, is that there is a crazy BIG LOVE thing that happens. I have never felt such big love as I do for my son. It is unbelievable and impossible to convey. I am completely convinced that if a person does not want to have children, they absolutely should not. The world does not need more unwanted children. The population explosion is massively crazy–we need to reel it in. What I have realized through all of this is that it is important to make a conscious decision. I know too many peeps who waited too long, because they couldn’t decide one way or the other. The most important thing is to make that decision before it is too late. There are lots of ways to live a fulfilling life without having children–life is full and good. But I am very happy–the scientist and the analyst within me is happy to share the journey with a little person by my side.

You said the right things :-) You had the right circumstances to have, to welcome and to raise a child. Part of me regrets not being a mother and yet I think it was the best decision for me. I thrive to be a good aunt instead. Kids are great and they deserve great families :-) >ninja–constantly aware: ha ha, I get this feeling too. Everything could be a danger and it takes willpower to let them take risks and not do it for them

je comprends qu’on puisse penser qu’avoir des enfants est une continuation naturelle d’un couple et d’un amour mais le couple peut se nourrir d’autre chose que d’un enfant. Parfois les gens oublient que le monde changent, qu’il y a des choix à faire, que physiquement avoir un enfant n’est pas toujours possible, que matériellement tout le monde ne peut pas avoir un enfant. Parfois on réfléchit trop aux conséquences et on prend peur. Quelle que soit la décision elle doit être respectée.

quelque chose à dire

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