des photos et une histoire

Dr Ahmad Sarmast

Cette fois-ci pas de « devinette », mais l’histoire d’un homme lu dans un journal anglais. Et l’envie de partager. Ahmad Sarmast est afghan. Il est professeur de musicologie et fils d’un célèbre chef d’orchestre et quand il disait qu’il donnerait sa vie pour la musique, il n’était pas loin de la vérité.

Au début des années 90 il a fui son pays, est allé d’abord en Russie étudier pour un master en musicologie puis a demandé l’asile en Australie pour continuer ses études. En 2008 il est retourné dans son pays, vecteur du projet Revival of Afghan Music avec pour but de reconstruire un pays traumatisé par les talibans à travers sa musique et l’éducation musicale.

Parce qu’une société a besoin de plus que de briques, béton, et de systèmes d’irrigation. Elle a aussi besoin d’une société civile viable qui passe entre autres par les musiciens, artistes et artisans du pays. Ensemble, ces porteurs de la tradition culturelle afghane tisseraient un lien entre le passé et le futur de leur pays ravagé.

RPS-Honorary-member-Dr Ahmad Sarmast

En collaboration avec la Monash University (Australie), après un rapport exhaustif de la situation musicale en Afghanistan, il a ainsi crée un orchestre symphonique – qui a joué depuis au Kennedy Centre à Washington et au Royal Festival Hall à Londres – et un institut de musique. Dans lequel il a réservé des places aux orphelins, enfants des rues et aux membres les plus controversés de la société: les filles.

Afghanistan National Institute of Music

C’est ainsi qu’on peut maintenant voir des enfants et adultes de toutes les ethnicités, genres et classes sociales côte à côte dans une même classe ou orchestre, pratiquer, jouer et sourire ensemble.

Mais cette mosaïque magnifique aurait pu se briser quand le 11 décembre dernier, à l’Institut Français de Kaboul, il s’est assis dans le public pour assister à un spectacle. À quelques sièges de lui, un jeune homme avec des préoccupations différentes. Il fait partie des talibans Zabihullah Mujahid et à leur yeux de religieux fous, la pièce de théâtre en question « désacralise les valeurs de l’islam » et représente « de la propagande contre le jihad ».

Quelques minutes plus tard, l’attentat-suicide à la bombe avait fait deux morts et de nombreux blessés. Dont Ahmad Sarmast. Onze éclats d’obus se sont logés à l’arrière de son crâne. Une heure plus tard, un homme dont la vie entière tournait autour de la musique était devenu complètement sourd.

Les chirurgiens australiens ont finalement enlevé les fragments et restauré son audition à un niveau où il pourrait distinguer les instruments et une fois de plus profiter du son d’un orchestre complet. En Avril, enfin rétabli, Sarmast est retourné à Kaboul.

Et si l’attaque a laissé des traumas dans sa vie et celle des musiciens et élèves, cela ne l’a rendu que plus déterminé. Et ainsi de mettre en chantier une salle de concert et une résidence universitaire pour les filles.

« La musique et l’éducation ont une force puissante mais un doux pouvoir« .

Dr Ahmad Sarmast

Les bombes font plus de bruit que la musique et pourtant…

6 Comments

des choses à dire

Je m’incline respectueusement devant les qualités et le courage de cet homme
Merci pour cet article qui rappelle que la vie est belle

Une histoire qui me fait penser illico au film avec une légende et la citation de Bob :

« Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ? »

Respect Monsieur Ahmad Sarmast

Très courageux, intelligent, créatif. Une cible parfaite pour les extrémistes de tous bords qui détestent tout ce qui n’est pas eux, et comme ils ne sont rien, sortis de leurs minuscules croyances…

quelque chose à dire

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