Tempus rerum imperator

Written by murielle

origami

Aujourd’hui c’était ma dernière séance avec le psy après deux mois sans le voir.  Aujourd’hui c’était pour lui dire que je m’en allais et que ses larmes n’allaient rien changer. Il était temps de lui dire au-revoir et de continuer mon bonhomme de chemin sans son écoute bienveillante.

C’est étonnant combien pleurer et parler devant un étranger fait du bien et permet d’avancer. On met tout à plat, on se livre toujours avec pudeur mais sans honte et on sent que quelque chose change.

Rien n’est plus difficile que de penser et devoir parler de ses drames personnels. Et si on n’est nullement enclin à leur accorder une signification, si on ne veut pas verser dans la pensée religieuse – rédemption des pêchés, épreuve pour nous tester, etc – il faut trouver une autre voie (voix?) pour les surmonter. Surtout quand on ne croit pas qu’il faille donner un sens à tout ce qu’on vit. Les choses n’arrivent pas toujours pour une raison, inutile de se demander « pourquoi moi ».

Subir une épreuve, c’est passer de l’autre coté des apparences. Quand l’ordre et le sens de notre vie volent en éclat, nous sommes projetés dans une autre dimension. Soi-même, les autres et le monde changent. La force nous quitte. Enfin, pas vraiment, elle nous déserte un petit moment, elle se met en veille pour qu’on réalise la nécessité de se poser un peu. Et d’accepter enfin qu’à chaque jour suffit sa peine. Ne pas vouloir toujours tout assumer et assurer. Faire un break et prendre un jour après l’autre. Doucement. Faire confiance au temps. Encore. Et encore.

Puis ensuite repartir de plus belle. Avec l’envie.

Merci Dr V.

13 thoughts on “Tempus rerum imperator

  1. Amaya says:

     » Un jour après l’autre …  »

    ça me plait … beaucoup !

    « Il n’y a pas de grande tâche difficile qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles » (Proverbe BOuddhiste)

  2. Amaya says:

    J’avais oublié la suite , ô combien importante, que tu disais :
    « Un jour après l’autre . Doucement »

    Merci

  3. Murielle says:

    Non. merci à toi!

  4. Nathalie says:

    C’est une belle nouvelle. Je suis sure que le psy est content de voir comment tu vas et un peu triste de ne plus avoir ta visite. En tout cas c’est bien d’avoir pu en parler ici, ça désacralise la visite chez le psy. Et déculpabilise aussi.

  5. Laurent says:

    Je crois que j’aime te lire parce que tu es sincère. Et c’est encore mieux quand c’est positif! Je te souhaite que ce chemin soit plus facile maintenant même si j’en doute!

  6. frad says:

    Très beau post. Il est vrai que parler permet de se soulager car une fois que l’on a parlé, il y a comme un décalage avec soi-même, un peu comme le rire naît d’un décalage… euh je me comprends :)
    Une psy m’avait dit « désolé, je ne peux rien pour vous », une autre m’avait dit « y a rien de méchant, ça va daller ». L’essentiel est d’avancer et oui la parole libère.

  7. laurent says:

    ça va daller? une histoire sans faim…
    mon manteau est le premier sur le cintre

  8. frad says:

    Une référence à la chanson de Freddy tougaux : « ça va d’aller ».
    Mon manteau est le premier sur le cintre ?

    • :-)
      Frad, Fred, Burntoast et tous les autres, mes excuses pour ne pas répondre à vos commentaires rapidement. Quelques problèmes techniques indépendants de ma volonté m’empêchent d’être en ligne en ce moment, un chargeur qui ne marche pas, la tête dans les cartons et dans la recherche de financement pour déménager etc prennent trop de mon temps! Ce n’est que partie remise croyez moi!

  9. frad says:

    J’ai compris maintenant « mon manteau sur le cintre ». Avant que dalle, et pire j’etais parti loin mais loin avec porte-mentaux par exemple et des trucs de oufs : pfiouuuu :)

  10. burntoast says:

    Les deux fois où j’ai vu des psy pour mon orientation scolaire (ou que faire dans la vie), c’est eux qui se sont confessés. J’ai fort bien écouté, tout en me disant que je n’aurai pas de réponse à mes questions. De toutes façons, « que faire dans la vie » est infiniment plus complexe que prévu. Et il faut déjà avoir la chance de pouvoir se poser la question. Pour un tiers de l’humanité, c’est plutôt que faire pour survivre.

    • Oui c’est vrai aussi. De plus en plus c’est survivre mais j’ai compris aussi que survivre vaut autant psychologiquement que matériellement. On peut parfois en être au point de se demander « à quoi bon » et dans ces cas là, un bon psy donne les clés pour ne plus être un zombie qui ne fait que vivre « au minimum » pour devenir un humain qui prend la vie avec ses hauts et ses bas.

  11. burntoast says:

    Les deux fois où j’ai vu des psy pour mon orientation scolaire (ou que faire dans la vie), c’est eux qui se sont confessés. J’ai fort bien écouté, tout en me disant que je n’aurai pas de réponse à mes questions. De toutes façons, « que faire dans la vie » est infiniment plus complexe que prévu. Et il faut déjà avoir la chance de pouvoir se poser la question. Pour un tiers de l’humanité, c’est plutôt que faire pour survivre.

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