je n’aime pas #22

Voter. Je suis allée voter. Et je voterai toujours (fut-ce blanc parfois). Pour honorer la démocratie, et par respect pour celles et ceux qui se sont battus pour que j’ai ce droit.  Mais j’espère qu’un jour je voterai surtout et aussi pour quelqu’un(e).
Car ça fait un petit moment ici ou ailleurs que j’ai voté par élimination et pour éliminer, que j’ai voté contre plutôt que pour.

Parce qu’il y a de quoi se décourager jour après jour par la classe politique qui ne comprend jamais les leçons du passé, qui continue à être sauvée par des électeurs qui font le choix du moins pire et qui à défaut de s’indigner, se lasseront encore et encore de maintenir au pouvoir des gens pour qui ils n’éprouvent aucune confiance.

L’abstention existe pour une raison.

5 Comments

des choses à dire

Comme si le pays n’était déjà pas dans la merde, on y rajoute des discours extrêmes d’un côté, et de panique d’une bande d’incapables de l’autre. Je suis allée voter aussi, mais je comprends amplement ceux qui ne l’ont pas fait. C’est un droit aussi de refuser

Oui, à croire que personne ne prend conscience de ce qui se passe. On s’alerte uuniquement aux résultats du premier tour puis on retombe dans les travers dès que l’alerte est passée. Jusqu’à la prochaine. L’abstention est pourtant un signe!!

Un peu long, mais si brillant, je laisse la parole à Pierre Desproges :

Parce que c’est ça aussi, la démocratie. C’est la victoire de Belmondo sur Fellini. C’est aussi l’obligation, pour ceux qui n’aiment pas ça, de subir à longueur d’antenne le football et les embrassades poilues de ces cro-magnons décérébrés qu’on a vus s’éclater de rire sur le charnier de leurs supporters.

La démocratie, c’est aussi la loi du Top 50 et des marnas gloussantes reconverties en dondons tisanières. La démocratie, c’est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n’importe quoi d’autre qu’on puisse soupçonner d’intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s’émerveiller dès 20h30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d’un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire.

Cela dit, en cherchant bien, on finit par trouver au régime démocratique quelques avantages sur les seuls autres régimes qui lui font victorieusement concurrence dans le monde, ceux si semblables de la schlag en bottes noires ou du goulag rouge étoilé. D’abord, dans l’un comme dans l’autre, au lieu de vous agacer tous les soirs entre les oreilles, je fermerais ma gueule en attendant la soupe dans ma cellule aseptisée. Et puis, dans l’un comme dans l’autre, chez les drapeaux rouges comme chez les chemises noires, les chefs eux-mêmes ont rarement le droit de sortir tout seuls le soir pour aller au cinéma, bras dessus, bras dessous avec la femme qu’ils aiment.

Les chefs des drapeaux rouges et les chefs des chemises noires ne vont qu’au pas cinglant de leurs bottes guerrières, le torse pris dans un corset de fer à l’épreuve de l’amour et des balles. Ils vont, tragiques et le flingue sur le cœur. Ils vont, métalliques et la peur au ventre, vers les palais blindés où s’ordonnent leurs lois de glace. Ils marchent droits sous leurs casquettes, leurs yeux durs sous verre fumé, cernés de vingt gorilles pare-chocs qui surveillent les toits pour repérer la mort. Mais la mort n’est pas pour les chefs des drapeaux rouges ni pour les chefs des chemises noires. La mort n’est pas aux fenêtres des rideaux de fer. Elle a trop peur.

« pour que la majorité puisse s’émerveiller, etc… » Quelle plume ! Que dire de plus.
(Je connais un blogueur, soi-disant ‘ami’ avec lui – avec qui j’ai eu des mots – qui avait réussi à complètement détourner l’esprit Desproges vers l’extrême droite).

quelque chose à dire

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