Un jardin extraordinaire

écrit par murielle

Depuis plusieurs mois j’ai eu le besoin très profond de retrouver des morceaux du passé et ces moments les plus merveilleux où rien ne pouvaient me toucher sauf le meilleur. Le besoin de retrouver des lieux et des racines quand la plupart du temps les souvenirs et les mémentos ont remplacé les paysages.

Qui tente de s’approcher de son propre passé enseveli doit faire comme un homme qui fouille.

Walter Benjamin.

Mais j’ai surtout eu envie de revoir des personnes. Celles de mon enfance et de mon adolescence, celles qui m’ont inspirée, aidé à grandir grâce aux arts, à la littérature, la peinture, et tout le reste. Les années ont passé, certains ne sont plus, la mortalité est devenue une sacré fichue réalité.

Mais il y a un lieu qui reste, pour toujours le lieu de mon enfance. Un oasis de paix, une maison magique et un jardin extraordinaire face à l’Adour. Et dans cette maison, il y a une personne. Une femme artiste toujours aussi belle, cultivée avec une classe folle. Vous savez, ces femmes qui n’ont besoin de rien pour être belles. Elles ont l’intelligence, l’allure, le port de tête, le sourire et l’attitude. Cette manière d’être, des parisiennes d’un autre temps, de ces femmes assurées qui ont travaillé dans les magazines pour donner une voix aux femmes, de ces femmes qui ont aussi fréquenté les sommets sans se tromper ou se nier.

Et d’avoir le bonheur de la retrouver il y a quelques jours. De me retrouver là-bas avec elle, de raconter le passé, parler de nos disparus, de nos souvenirs communs, retrouver les parfums et, pour la première fois depuis bien longtemps me sentir comme avant. Et parmi les fantômes, revisiter mes souvenirs.

Ce lieu offre maintenant une résidence et une parenthèse de silence, d’inspiration et de réflexion aux artistes, qu’ils soient écrivains, plasticiens, paysagistes, peintres, artistes, etc. Je me dis alors que j’ai eu beaucoup de chance d’y avoir passé mon enfance, d’avoir connu ses propriétaires et d’y avoir mes coins secrets bien avant les autres.

C’est un jardin extraordinaire, il y a des canards qui parlent anglais, la douceur d’une couchette secrète au fond du bois, on y voit aussi des statues qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on, mais moi, je sais que, dès la nuit venue, elles s’en vont danser sur le gazon…

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