Être, faire ou avoir

Aujourd’hui, lever à 6h30, bus à 7h30, arrivée à 7h48, un café à la machine et début du travail à 8h. Pause à 10h30, puis lunch break à 13h. Retour au travail à 14h. Pause à 15h30 et je quitte à 16h20. Entre les pauses j’ai travaillé. Lu des textes, corrigé les fautes et papoté un tout petit peu. À peine le temps de lire sur google news que Morandini était en garde à vue et que Brad et Angelina n’étaient plus. Je n’ai aucune raison de ma plaindre. Mon travail de correctrice est facile. La plupart des gens sont sympas, et il m’arrive même de piquer des fous rires.

Mais voilà, j’ai beau être une bosseuse dans l’âme – mon éthique protestante fait que les valeurs du travail et de la discipline sont ancrées en moi – je n’accorde pas la même importance à toutes les activités professionnelles. Je suis opposée au work hard play hard que seuls les sociopathes et cocaïnomanes peuvent assumer.

Et surtout j’ai envie de prendre du plaisir avec la conséquence de ne plus faire partie des CSP +. Parce que la possession n’est pas dans mes objectifs de bonheur.

work

Ce qui est amusant c’est qu’en cherchant une image qui résumerait mon état d’esprit je suis tombée sur un slogan que j’ai mal lu. Il était écrit : Work hard, stay humble. Et j’ai cru lire Work hard, stay human. Ce qui aurait pu être un motto adapté à mes idées. Mais non, mon cerveau m’avait joué un tour.

Je reste alors toujours aussi proche du Être plutôt qu’avoir.

Je ne désire pas assez l’argent pour travailler afin d’en avoir… Une des choses les plus tristes, c’est que la seule chose qu’un homme puisse faire huit heures par jour, jour après jour, c’est travailler. On ne peut pas manger huit heures par jour ni boire huit heures par jour, ni faire l’amour huit heures par jour – tout ce que vous pouvez faire pendant huit heures, c’est travailler. Ce qui est la raison pour laquelle l’homme se rend et rend tout le monde misérable et malheureux.

W. Faulkner

6 Comments

des choses à dire

C’est un très bonne citation de Faulkner! Il y avait une émission sur France Culture sur le travail et sa gestion. Sur le fait que de plus en plus et malgré le progrès le travail est une souffrance imposée par une gestion mal pensée.
« Le travail en effet n’est pas objectivement mesurable, il ne se réduit pas au but à atteindre. Pour éprouver le fait de travailler, il faut mobiliser son intelligence, son savoir-faire, être rusé. Travailler, c’est se transformer soi-même, y compris par l’effort. Ce n’est jamais répondre uniquement au travail prescrit. Or la gestion fait croire le contraire. Elle entend tout maîtriser ».

Je pense que ça dépend aussi de la finalité du travail. Si on cherche l’épanouissement d’un métier ou si on veut simplement un salaire. Puis aussi quel salaire. Si c’est pour vivre bien ou pour vivre très bien. De toute façon on se met la pression de travailler plus pour gagner plus alors que cela ne sert à rien. Comme tu le dis avec être ou avoir, il faudrait apprendre à ne plus vouloir autant. Ce n’est que source de frustration et souffrance.

On est esclave du travail et même quand on en est conscient on est dans l’incapacité de changer cette situation. On se met aussi dans cette situation de dépendance en prenant des crédits qu’il faut rembourser, donc il faut travailler plus, ou en ayant des enfants, donc il faut bien les nourrir et les habiller :-)

Mais c’est vrai pour rejoindre Nathalie, qu’on est aussi conditionné dans le travailler plus, pour gagner plus. Il me semble Murielle que tu avais déjà fait un article sur le sujet.

J’ai l’impression que la pression vient de toutes parts pour le travail. Si on est au chômage, la pression est énorme de trouver un boulot, n’importe lequel. Et quand on a un travail, la pression est de le garder, ou de progresser, ou d’en changer. Et on est rarement heureux à la fin.

quelque chose à dire

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