Réflexion sérieuse sur la politique et un livre…

L’être humain est une drôle de chose, vacillant entre la volonté de maintenir le statu quo et le désir – peut-être plus secret – de sortir de cette torpeur, de secouer un peu les choses. Un mélange de peur, d’inertie et de volonté presque auto-destructrice jusqu’au-boutiste. Surtout en politique.

Et quand ces caprices destructeurs se transforment en réalité, cela peut être d’autant plus troublant, comme le montre le nombre d’électeurs du Brexit qui ne pensaient pas que leur vote compterait vraiment, ou comme depuis cette nuit, avec la victoire de Trump, portée par ceux qui votaient parfois juste pour voir ce qui allait se passer…

On ne peut jamais s’asseoir pour avoir une conversation soutenue, tout n’est plus que saletés bon marché et développement merdique. Toutes les choses vraies, les choses authentiques, les choses honnêtes sont en train de disparaître. Intellectuellement et culturellement, on ne fait que rebondir partout comme des balles de billard, réagissant au dernier stimulus aléatoire.

L’incroyable certitude et la confiance des dirigeants ou candidats politiques ont une puissance particulière quand le monde se sent si ténu, fragile et incertain.

Notre relation changeante avec les structures hiérarchiques traditionnelles et la preuve parfois de leur incapacité, laisse un vide terrible. Mais pour autant de nouvelles formes d’organisation politique ne sont pas mises en place ou ne durent pas dans le temps.

Certainement parce que toute tentative d’une alternative est rapidement ridiculisée tant nous luttons entre l’ancien et le nouveau. Certainement aussi parce qu’en partie nous sommes persuadés que les choses ne peuvent pas et ne changeront pas. Pourtant, ambivalents comme nous le sommes souvent, nous aspirons aussi au changement.

Cela serait facile de ridiculiser ces électeurs, ignorants, racistes et assez naifs pour croire aux promesses électorales. Les ridiculiser permet de nous assurer que nous sommes plus rationnels, que nous somme pour une solution raisonnable et juste. Et pourtant… Le vote, notre vote repose sur des bases toutes aussi fragiles, non pas sur un programme, mais dans un espace entre la réalité et le fantasme, dans un moment et un ressenti influencés par notre histoire, personnelle et collective, transmise consciemment et inconsciemment.

Les quelques élections qui ont eu lieu cette année montrent un manque fondamental de curiosité, une intolérance croissante pour les attitudes et les idéaux des autres. La construction continue des murs de frontières, Cisjordanie, Calais, demain le Mexique (?) est basée sur une logique interne justifiant l’injustifiable.

British Guerrilla Artist Decorates West Bank Barrier

Quand une tragédie se produit, le choix est simple : on blâme l’autre, les autres, ou on parvient à trouver la volonté politique de créer quelque chose de nouveau, d’essayer de s’assurer que rien de semblable ne se reproduise. Si seulement…

Un roman à lire absolument : Freedom de Jonathan Franzen

En recopiant simplement la quatrième de couv’. Ce livre analyse les illusions, les déceptions et les compromis d’une génération de baby-boomers qui avaient rêvé un jour de changer le monde. Mais c’est aussi un acte d’accusation implacable à l’égard d’une nation qui a cessé depuis longtemps d’incarner ses propres valeurs. Qu’avons-nous fait de notre liberté ? se demandent les personnages de Jonathan Franzen. Et quel monde laisserons-nous à nos enfants, qui nous ressemblent si peu ? Pendant ce temps, les États-Unis livrent en Afghanistan et en Irak leurs propres guerres napoléoniennes, tentant d’imposer cette même liberté par la force.

 

Le souci, avec les gouvernements, c’est qu’ils sont élus par des majorités qui n’en ont rien à foutre, de la biodiversité. Alors que les milliardaires ont tendance à s’en préoccuper. C’est important pour eux que la planète ne soit pas complètement bousillée, parce que ce sont eux et leurs héritiers qui auront assez d’argent pour en profiter, de cette planète. (…) Quand on parle de fermer l’habitat pour le sauver du développement, c’est beaucoup plus facile de brancher quelques milliardaires que d’éduquer les électeurs américains qui sont parfaitement heureux avec leur câble, leurs Xbox et leur haut débit.

3 Comments

des choses à dire

« Un mélange de peur, d’inertie et de volonté presque auto-destructrice jusqu’au-boutiste. »
Oui. Il y a quelque chose de cet ordre dans ce qui se passe dans plusieurs pays avec des élections ou des référendums.
La plupart est aussi désabusée et va prendre des risques, choisir le pire comme un bras d’honneur aussi.

Réfléxion sérieuse et intéressante. je suis aussi désabusée par ce qui se passe dans le monde avec le repli sur soi alors que ce devrait être le contraire. On n’a jamais autant voyagé que maintenant et on n’est plus réceptif aux différentes cultures et nationalités.

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