La La Land ou la vie en cinemascope

Baby it’s cold outside mais je défis quiconque de sentir le froid après avoir vu La La Land de Damien Chazelle. C’est un hommage romantique, sans peur et sans reproche, aux comédies musicales classiques, éclaboussant l’écran de son énergie, ses couleurs vives et son optimisme.

La La Land cherche et trouve sa propre place quelque part sur l’échiquier des comédies musicales entre Singin ‘in the Rain et Everybody Says I Love You, avec une grosse louchée hommage à Jacques Demy pour la séquence d’ouverture.

Il faut un peu de temps pour s’acclimater, et pendant les cinq premières minutes, on a l’impression de regarder une adaptation de Broadway. Mais cela ne dure pas, et que vous soyez amoureux ou pas des comédies musicales, très vite, on se laisse absorber par la légèreté de ce conte, ce bijou de sentiments en technicolor et les performances de Ryan Gosling et Emma Stone.

Ils sont les deux excellents – Stone, qui n’a jamais été aussi jolie avec ses énormes yeux rayonnant d’esprit et d’intelligence quand ils ne sont pas remplis de larmes. Gosling, pour sa part, joue très bien le charmeur au sourire sardonique pour cacher à quel point il est blessé ou amoureux.

Le synopsis : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 

De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Les deux se rencontrent une permière fois dans un embouteillage sous le soleil hivernal californien. Stone est Mia, une actrice aspirante comme à peu près tout le monde à Los Angeles, et en attendant que les voitures avancent, elle relit distraitement ses lignes pour une audition qu’elle a plus tard dans la journée.
Mais elle ne remarque pas que les voitures redémarrent et le conducteur derrière elle, un gars désagréable dans une convertible macho, la double et la klaxonne et reçoit en retour un doigt d’honneur de Mia. Lui c’est Seb, joué par Gosling, un pianiste et évangéliste de jazz qui vit comme un ermite.

Un peu comme M. Fletcher, l’horrible professeur de jazz joué par JK Simmons dans Whiplash, Seb est un puriste et un intransigeant, un type difficile à connaître ou à aimer. Il est seul et malheureux, prétendant face à sa sœur exaspérée (Rosemarie DeWitt) qu’il reste dans les cordes (rope a dope) avec la vie et le destin, qu’il est un phoenix en train de renaître de ses cendres.

Seb joue dans un restaurant, où le directeur (un caméo de Simmons) est enragé par sa tendance à favoriser les improvisations de jazz libre brillant au lieu de jouer la musique de fond pour laquelle il est payé.

Et c’est là, que Seb rencontre Mia, une deuxième fois, puis une troisième fois à une party où Seb s’humilie à jouer du synthé dans un groupe de style années 80 (scène très drôle). C’est le destin.

L’hiver tourne au printemps puis à l’été, et leur aventure commence à décoller. Mia encourage Seb à trouver un moyen d’ouvrir le club de jazz dont il rêve, mais pour lui prouver qu’il n’est pas un raté il joue aussi du piano dans un groupe de jazz-rock (et samples) dirigé par un vieil ami-ennemi, Keith joué par John Legend.

Seb, à son tour, encourage Mia à écrire son one-woman show. Mais les incompréhensions et les doutes prennent le dessus ; un dîner surprise que Seb a préparé pour Mia tourne douloureusement en une dispute sur la façon dont leur vie et couple est en train d’évoluer.

Le réalisateur Damien Chazelle crée des numéros musicaux pour la paire et Gosling et Stone les réalisent avec délicatesse et charme, malgré ou parce qu’ils ne sont pas de vrais chanteurs ni danseurs. Il y a quelque chose dans l’hésitation et même la fragilité de leur voix chantante qui sonne juste. Et que dire de plus sur l’alchimie complice de ces deux-là ensemble, quel couple de fiction ravissant.

 

La La Land est un film sensible, doux, triste et amusant – quelque chose proche d’une dose de vie en cinemascope. On rit, on pleure aussi. C’est une bulle de créativité, de talent et de poésie.

Et de vouloir valser dans les étoiles…

5 Comments

des choses à dire

On a réservé nos place pour mercredi soir. J’ai pas encore lu une critique négative du film, j’espère qu’il sera à la hauteur.

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