L’apocalypse et quelques livres

écrit par murielle

L’apocalypse – la fin littérale du monde – fait partie de l’imaginaire collectif, elle est la part sombre de nos pensées. Imminente ou pas, la fin de la vie sur terre est difficile à comprendre. Mais la campagne électorale complètement chaotique, perturbée et perturbante, le gros point d’interrogation sur le résultat électoral du premier tour dimanche prochain et un ressenti bizarre font que que l’apocalypse est un sujet de littérature parfait cette semaine.

Bien entendu, l’apocalypse est également une exploration plus personnelle et poétique, qui touche à la bulle personnelle. Elle est fascinante tant elle peut décrire avec force détails ou au contraire avec peu d’éléments, la destruction intérieure ou extérieure, la fin du monde ou d’un monde.

Et peut-être sommes-nous fascinés par cette fin, parce que nous l’avons déjà vécue, à un moindre niveau, à notre minuscule échelle.

J’ai vécu mon apocalypse – le moment où mon monde a irrévocablement changé – où une partie a été détruite, emportée avec la disparition de l’être aimé. L’apocalypse personnelle est toute aussi dévastatrice que l’apocalypse décrite par les auteurs, artistes et les autres. Mais surtout elle enseigne la survie. Et de se demander ce qu’il adviendra dimanche soir.

On dirait que l’homme peut tout supporter. Même ce qu’il n’a pas fait. Même l’idée qu’il n’en peut supporter davantage.

William Faulkner

 

Le fléau – Stephen King

Une pandémie de grippe créée en laboratoire se répand à travers les États-Unis et détruit la plus grande partie de la population. Les survivants vont alors se scinder en deux camps aux buts diamétralement opposés, reproduisant ainsi la lutte éternelle du Bien contre le Mal. C’est un livre post-apocalyptique qui  a sans doute influencé La Route de Cormac McCarthy et qui reste le livre à lire comme un classique.

La Route – Cormac McCarthy

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. 

Autant une histoire personnelle qu’universelle.

Les fils de l’homme – PD James

L’Angleterre du futur est gagnée par un fléau : la stérilité humaine. En l’an 2021, cela fait un quart de siècle (depuis l’année Oméga) qu’aucun bébé n’a vu le jour. Les vieillards sont acculés au désespoir et au suicide, et l’ultime génération de jeunes est belle, mais violente et cruelle. Le reste de la population s’accroche à une forme de normalité sous l’autorité absolue de Xan Lyppiatt, dictateur charismatique et gouverneur d’Angleterre. 

C’est sans doute un des meilleurs romans sur l’apocalypse universelle.

Le dernier homme – Margaret Atwood

Un monde dévasté à la suite d’une catastrophe écologique et scientifique sans précédent, ou se combinent des conditions climatiques aberrantes, des manipulations génétiques délirantes et un virus foudroyant prompt à détruire l’ensemble de l’humanité. D’ailleurs, c’est presque fait : d’êtres humains comme vous et moi, au début du «Dernier Homme», il ne reste que Snowman, lequel est confronté à des animaux hybrides et à d’étranges créatures génétiquement modifiées et programmées pour n’être sujets ni à la violence, ni au désir sexuel, ni au fanatisme religieux.

Margaret Atwood a écrit quelque chose proche du chef d’œuvre du roman d’anticipation. C’est un roman de science-fiction mais aussi un thriller, une comédie, un roman politique, engagé et fortement humaniste.

Enfin, je ne peux terminer que par William Faulkner dont l’œuvre intégrale et surtout les nouvelles viennent de paraître dans la bibliothèque de la Pléiade.

Nouvelles – William Faulkner

L’apocalypse renvoie à plusieurs notions, à celles de  transformation, de catastrophe et de fin du monde, mais aussi à celles de révélation et de dévoilement, qui conduisent au salut et à la résurrection.

On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer [… ] et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.

 

 

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