Patriot, l’espionnage en chantant

écrit par murielle

Si vous aimez Mr Robot, Fargo et Homeland, alors vous allez aimer Patriot qui combine les trois. Créé par le scénariste Steven Conrad (À la recherche du bonheur, La vie rêvée de Walter Mitty), Patriot est un « thriller d’espionnage » qui combine humour noir et tristesse fantaisiste, pour donner une série à la fois attachante et déstabilisante.

PatriotL’histoire tourne autour de la figure centrale John Tavner (Michael Dorman de la série australienne Wonderland). Il est un agent de renseignement américain qui a récemment tué la mauvaise cible. Il en souffre émotionnellement et trouve une certaine paix intérieure en fumant des joints et en chantant des chansons folks très détaillées sur ses missions d’espionnage secrètes. Citer un extrait de ces chansons ne rendrait pas justice à l’humour noir – il suffit de savoir qu’elles sont vraiment inspirées et drôles.

Avant que John craque sous le poids de la culpabilité et de la honte, il est secouru par son père – qui est directeur du renseignement national et joué Terry O’Quinn (Lost) – et envoyé en nouvelle mission, qui, comme la précédente, vise à empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires.

Il s’agit alors d’adopter une couverture en tant qu’employé d’une entreprise de pipelines au Moyen-Orient, un emploi dans lequel John est dangereusement largué, afin de fournir de grosses sommes d’argent aux alliés au Luxembourg. Bien entendu, la mission va mal tourner, dans une série de catastrophes incluant une confrontation violente avec une famille de lutteurs brésiliens, une voleuse coréenne, une épouse qui s’inquiète, des twizzlers et une opération cruciale ratée après un match de racquetball…

Dans ses plans baroques et l’exploration des possibilités comiques de la violence, il rappelle un Fargo légèrement moins stylisé. La connexion à Homeland est plus ténue, mais Patriot, en dépit de son absurdité essentielle raconte, une histoire crédible d’espionnage international.

L’acteur néo-zélandais et musicien Dorman est parfait, (ce qui le change du personnage de gars charmant des autres séries), un mélange de tristesse perdue et parfois d’humour enfantin. Il sait vraiment chanter des morceaux folks, amusants et lo-fi. Conrad joue juste tout le temps, en mélangeant les morceaux excentriques avec des scènes d’action convaincantes et des histoires familiales tordues.

 

Et entre tout ça, il y a même des scènes récurrentes encore plus drôles autour du travail de John dans son entreprise à Milwaukee, mettant en vedette son chef super accompli M. Claret (Kurtwood Smith de That ’70s Show), qui n’aime pas l’incompétence de John et cherche à le virer.
Le collègue de John, Dennis (Chris Conrad), qui se voit volontiers devenir un espion lui-même (compte tenu de l’ennui de sa propre vie) quand John a besoin de son urine pour être embauché.
Le frère, sénateur et parfois complice de John (Julian Richings) portant costumes 3 pièces mais aussi des survêtements façon Kill Bill.
Le gardien de sécurité mystérieux Jack Birdbath (Tony Fitzpatrick), qui entend l’histoire de John et l’utilise de façon étrange.
Le doux Stephen Tchoo (Marcus Toji), que John jette devant un camion quand il est clair que Stephen va décrocher le travail que John convoite pour mener à bien sa mission et qui devient amnésique.
Enfin, la flic luxembourgeoise (Aliette Opheim de l’Héritage empoisonnée) qui est à ses trousses.

Si vous aimez l’excentricité alors Patriot est définitivement pour vous : une série ambitieuse et intelligente qui mérite à être connue.

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