Réflexion sur le népotisme et des enfants

écrit par murielle

Pour des raisons plus ou moins justifiées, je suis de mauvaise humeur. Je lis le Canard Enchaîné et ça n’aide pas à garder le sourire. Cela dit, c’est toujours intéressant de voir quelle rivière les gens sont prêts à traverser pour une cause, qu’importe le risque ou la possibilité de se regarder dans un miroir ensuite.

Pour moi, les causes sont nombreuses, de la plus importante à la plus futile. Par exemple, parler de méritocratie dans un monde népotique est extrêmement agaçant. Parce que c’est rire à la tronche des travailleurs. Le népotisme est partout, dans la politique – Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Fillon – dans les affaires – Lagardère, Arnaud et Cie – et dans les arts – Beckham, Smith, Paltrow, etc.

Pourquoi Beckham, Smith et Paltrow, me demanderez-vous ?

Brooklyn Beckham, 18 ans, a publié son premier livre de photographies – What I See, chez Penguin Random House. Le service de presse décrit le travail de Brooklyn comme “unique, authentique et stylé ». Une phrase courte mais qui ne contient qu’un seul mot juste. Il suffit de regarder ses photos, comme Blurry table (“J’aime cette photo – qui est hors focus – mais vous pouvez deviner que beaucoup de choses s’y passent« ) pour comprendre que c’est en effet authentique.

Certains diront que le garçon n’a que 18 ans et qu’il faut lui laisser sa chance. Or être bienveillant est un tort. Combien d’adolescents ont déjà la chance d’avoir un deal avec un grande maison d’édition ? C’est aussi un devoir moral de moquer et critiquer les photos de Beckham Jr et les efforts joyeux et tapageurs de tous les enfants de célébrités qui ont un free pass pour être « artistes », uniquement grâce à leurs relations familiales et/ou amicales.

Jaden Smith tweete, trop, et donne des interviews, trop, où il déclare des choses aussi profondes que : « je ne pense pas que je suis aussi révolutionnaire que Galilée, mais je ne pense pas que je ne suis pas aussi révolutionnaire que Galilée ». Voilà. Un enfant de star dont l’éducation est faite à la maison par des scientologues…

Gwyneth Paltrow quant à elle, est, sans surprise, un puits sans fond d’absurdités. Elle parle de la façon dont elle travaille dur, sans mentionner qu’elle a commencé grâce à son parrain, Steven Spielberg et ses parents acteurs, piliers d’Hollywood, amis des plus grands producteurs et réalisateurs. Son étonnant manque de conscience de soi, cette bulle d’ignorance et de manque d’humilité dans laquelle elle vit, aurait dû nous préparer pour Goop.

D’autres portent ce privilège avec plus de modestie. Michael (fils de Kirk) Douglas, Rafe (fils de Timothy) Spall, Julie (fille de Gérard) Depardieu, ou Charlotte (fille de Serge et Jane) reconnaissent que des portes ont été ouvertes grâce à leur nom de famille. Leur talent a fait le reste.

Mais dans l’ensemble, il y a une tendance notable chez les enfants de célébrités (A à Z) de parler du fait qu’ils travaillent dur, sans mentionner que les connexions familiales ont joué un rôle évident dans leur réussite.

Le népotisme est inévitable mais l’arrogance et le sens de légitimité sont encore plus toxiques et inacceptables. Il est impossible de justifier ou admirer le succès inévitable de ces enfants privilégiés quand on en voit le point ultime dans le bureau ovale et à la conférence G20.

Ces enfants n’ont jamais travaillé sans l’aide de leur père, mais sont heureux de railler les politiciens sans « vrais emplois » (Eric) ou se poser en modèle de réussite féministe – femme, épouse, mère et femme d’affaires (Ivanka).

Quand ces « enfants de » travailleront vraiment dur, qu’ils n’accepteront aucune proposition faite à cause de leur nom, et qu’ils ne fouleront pas de tapis rouge à n’importe quelle opportunité, alors la bienveillance sera de mise.

En attendant, je continue à admirer ceux qui ne sont pas engourdis par les discours. Et pour sourire un peu, je vais regarder à nouveau Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe

quelque chose à dire