Réflexion légère sur le courage

écrit par murielle

Je comprends mieux maintenant pourquoi les gens ont des crises de la quarantaine. La « mi-vie « est sanglante et sombre. On commence à aller à autant d’enterrements que de mariages, les amours se délitent, les rêves sont en suspens, oubliés ou impossibles à réaliser. On apprend à faire le deuil de certaines choses.

Le sentiment que ce qui est derrière soi était plus brillant que ce qui est en face se fait plus pernicieux. On a peut-être même fait d’énormes erreurs avec des conséquences qui changent complètement la vie. Ou on continue à garder espoir mais on sait que le temps et le corps sont tout de même plus limités.

Quoi qu’il en soit, quelle que soit la situation actuelle, quelles que soient les difficultés, cette deuxième partie de vie nous apporte aussi des défis magiques.

Et malgré les jours de doute, d’angoisse, de sentiment diffus, j’apprends beaucoup d’eux. Je suis honnête avec mes histoires et j’embrasse mes erreurs au lieu de les cacher. Il est dit que l’on peut choisir le courage ou choisir le confort, mais il est impossible de choisir les deux…

Donc, puisque que je suis dans cette deuxième partie, je continue à choisir le courage. Le courage de respecter les décisions que j’ai prises dans le passé, le courage de me remémorer les plus horribles moments de ma vie mais aussi les plus beaux et de continuer. Parce que ce sont aussi dans les moments difficiles, les moments de défis que l’on se surprend à s’aimer soi-même, à s’admirer et à se dire qu’on est une chouette personne !

Je vais partager quelque chose avec vous. Je suis une introvertie qui se soigne. Vraiment. Et je prends sur moi. Chaque moment qui me donne une boule au ventre est un challenge à dépasser. Je ne réussis pas tout loin de là mais je me déçois si je ne tente pas. L’expérience et quelques succès ne me permettent toujours pas d’éviter les batailles internes, personnelles, visibles, partagées ou pas.

Le passé ne m’accorde qu’un peu de grâce, une grâce qui murmure:  « cela fait partie du processus. La course continue…  » Ce milieu de vie est désordonné, mais c’est aussi là où se déroule la magie. C’est dans le chaos ou dans le déséquilibre de la vie, dans l’anxiété du quotidien, quand des personnages familiers ou pas se mettent au travers, quand des intrigues nous assomment, que nous réalisons notre propre résilience et notre propre force.

C’est pourquoi quand on m’offre un travail, que l’on crée un poste pour moi, je dis merci parce que je suis sincèrement touchée mais je réalise aussi que je mérite mieux. Et c’est pour ça que contre toute attente, je bataille ferme depuis ce début de semaine pour discuter mon contrat et obtenir un salaire plus conséquent.

Après plusieurs nuits d’angoisse à mal dormir et à devoir me persuader que oui je dois demander plus, je passe à « l’attaque ». Et le combat ne fait que commencer. Pas de réponse de la direction, la pression des RH de renvoyer mes papiers alors que je n’ai toujours pas reçu – donc pas lu ni signé – mon contrat d’embauche et un salaire écrit à l’encre invisible.

Je ne sais pas quelle sera l’issue mais j’ai pour moi l’autosatisfaction d’avoir osé. Une fierté bien placée de ne pas vouloir être prise pour acquise. Parce que à tort ou pas, accepter tout ou n’importe quoi c’est aussi ne pas vraiment s’aimer ni se respecter. Accepter c’est se résigner au médiocre. Encore et toujours choisir le courage.

 

*Un peu d’Art. Courage des femmes de Sparte se défendant contre des Messéniens – Le Barbier Jean-Jacques François, L’Aîné

Comments: 5

  1. Amaya says:

    Quelqu’un m ‘ a dit un jour « Les trésors se cachent là où on ne veut pas aller » ça me fait encore réfléchir.

    Le courage n’étant pas une qualité du corps mais de l’esprit , il a l’avantage de ne pas être soumis au vieillissement , nous pouvons donc en user à tout âge et en toute discrétion pour nous permettre encore de voyager un peu plus loin

  2. LO says:

    Tellement.
    J’ai beaucoup d’admiration pour ta capacité à analyser, comprendre et écrire les « choses ».
    Sur l’échelle du temps je suis perchée sur le barreau suivant et je peux te confirmer que ta réflexion est juste. Je peux aussi te prédire que tu marches vers la paix intérieure et la compréhension de toi. Vivre deviendra paisible, même confronté à la perte, aux questions, au chagrin. Accepter n’est plus se résigner, lâcher prise n’est plus subir, décider est être totalement partie prenante de sa propre existence, conscient de sa propre valeur et de sa préciosité. Tu marches vers la plénitude Murielle !
    Je t’embrasse

    • LO says:

      * et une augmentation de salaire !

  3. Audrey says:

    Décidément tu sais me toucher avec tes réflexions parce que je pense que dans la vie en général on se trouve beaucoup d’excuses pour ne pas agir. On végète ou on reste malheureux parce-qu’on n’ose pas. J’aime beaucoup l’idée d’être fière de soi parce qu’on affronte un challenge personnel. Tout le monde devrait le faire.

  4. Fred says:

    Le courage est quelque chose de très grand comme décider de quitter son job, son mari ou son pays pour une vie meilleure. C’est aussi tout simplement de des petites choses comme ne pas accepter les humiliations dans la vie quotidienne ou se dresser face au manque de respect. Dire non ou en vouloir plus ou changer les règles du jeu sont des preuves de courage. Bravo à toi! Bonne chance pour la négociation!

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