Tin Star – Drôle de noir

écrit par murielle

C’était un week-end « sans ». Malade depuis jeudi soir, fatiguée et par conséquent un moral en dents de scie. Cela dit, presque tout va presque bien. Ma négociation salariale s’est bien passée et je suis satisfaite du salaire obtenu, qui est presque celui voulu…

Enfin, entre deux quintes de toux, je me suis offert le visionnage d’une nouvelle série tv. Tin Star. Avec Tim Roth. Mon amour et admiration inconditionnels pour Tim Roth n’empêchent en rien mon objectivité. Et donc de vous dire que cette série vaut grandement la peine d’être regardée.

L’histoire : Jim Worth, un agent britannique expatrié, recommence sa vie à zéro avec sa famille, en tant que chef policier de Little Big Bear. Peu après leur arrivée, l’ouverture d’une raffinerie de pétrole transforme la ville, y important trafic de drogue, prostitution et crime organisé.

Tim Roth était presque méconnaissable l’année dernière dans la peau du tueur en série John Christie dans Rillington Place. Maintenant, il a enlevé le latex pour fausse calvitie et les doubles foyers – et parle avec son propre accent londonien.

Tim Roth - Tin Star

Ici, Roth est de l’autre côté de la loi. Ce détective britannique, sobre depuis deux ans, vit avec sa femme, sa fille ado et son fils dans les Rocheuses canadiennes.

Les montagnes et rivières sont une toile de fond à couper le souffle et nous voyons Worth s’adapter à la vie dans une communauté pittoresque où la plupart des crimes ont été commis par des ours affamés. Ce moment de félicité plutôt amusant dure la moitié d’un épisode. Jusqu’à ce qu’un conglomérat pétrolier construit une raffinerie controversée à proximité.

Lorsque la docteur locale « se suicide », Jim découvre quelque chose de plus sinistre. La belle Elizabeth Bradshaw (Christina Hendricks de Mad Men), représente  l’entreprise pétrolière et le chef de la sécurité Gagnon (Christopher Heyerdahl) ajoute une touche mi sinistre mi bizarre à cette série noire. Sans oublier un jeune homme tout aussi ambigu et quelques autres moins jeunes qui ont pour seul objectif de tuer Worth.

 

Après un premier épisode extrêmement noir qui voit l’assassinat du fils de 5 ans avec des scènes plutôt graphiques, les excentricités sont venues rapidement dans le deuxième épisode.

Les assassins qui ont tué son fils de cinq ans et mis sa femme dans le coma – réveillent l’alter-ego vengeur et (auto)-destructeur que Jim avait espéré laisser derrière lui à Londres. La tragédie laisse place à des scènes violentes mi-comiques mi-dramatiques avec un Tim Roth partagé entre le douceur (celle de Broken) et la violence, contre lui-même et contre les autres.

Et tout cela avec des touches d’humour décalé, parfois presque burlesque – avec une bande de pieds nickelés qui désamorcent la dureté du sujet – et une bande son tip top. Il y a quelque chose de Twin Peaks et de Fargo dans cette série.  Loin du drame conventionnel – on en oublie presque qu’un enfant est mort – Tim Roth et cie se retrouvent dans un spectacle curieux, brillant de comédie noire.

Tin Star possède tous les ingrédients d’une série du type thriller mais Rowan Joffe (son créateur) a changé la formule pour la rendre aussi dure que délirante.

 

quelque chose à dire