Choisir de partir

écrit par murielle

J’ai appris récemment que quelqu’un avec qui j’avais eu un lien d’amitié et de travail, avait quitté sa région natale pour aller vivre au Maroc. Je ne suis pas surprise. Il avait fait le tour du pays et de sa vie plusieurs fois, il y avait brûlé quelques ponts et il lui fallait peut-être partir autant par désir que par nécessité de recommencer.

Pour avoir moi-même vécu – ou avoir eu l’impression de vivre – plusieurs vies, partir est souvent un besoin – parfois une fuite – autant qu’une envie. Une manière de chercher ailleurs une meilleure version de soi. Peut-être que notre esprit est une table bancale, et nous cherchons partout, ailleurs, ce quelque chose qui la calera et la gardera stable.

Mais partir c’est aussi agir. Que nous soyons en contact avec nos angoisses et nos blocages les plus profonds ou que nous préférions les ignorer, j’ai appris que face à deux options, il faut choisir celle qui excite ou qui secoue. Parce qu’on le regrette rarement et parce que le bon sens n’est pas toujours aussi sensé.

Nous sommes rares à être immunisés contre le « statu quo » : nous préférons la façon dont sont les choses que l’inconnu effrayant. Donc, quand vous consultez votre instinct pour savoir s’il faut divorcer, quitter votre travail ou aller vivre au Maroc, la réponse sera biaisée et tendra naturellement vers l’inertie : « better the devil you know » disent les anglais. Partir, c’est alors lutter contre cette inertie.

Je ne sais plus qui disait « face à deux options apparemment égales, choisissez celle qui fait peur« . Oui. Puis l’assumer…

 

Comments: 1

  1. Fred says:

    La tentation de partir est souvent présente pour beaucoup mais le manque de moyens ou le courage fait qu’on reste où on est. Je pense aussi que partir c’est partir avec ses valises de problèmes et qu’on ne change pas soi même parce qu’on change de ville ou de pays.

quelque chose à dire