Homecoming ou le casse-tête américain

Homecoming : une série sur Amazon, avec Julia Roberts dans le rôle principal n’avait rien pour me plaire.  Mais la soirée de samedi s’annonçait très calme sans personne à voir ou à qui parler.

Homecoming - Amazon

Alors quelle bonne surprise de regarder Homecoming et de se rendre compte que, et bien, ça marche. C’est un thriller solide – tiré d’un podcast à succès – à la fois intriguant et un peu rétro qui va et vient dans le temps.

Dans le temps présent, Julia Roberts est Heidi, une psy heureuse et motivée dont le travail consiste à réhabiliter les anciens combattants dans la vie civile. Dans l’avenir, elle sera serveuse dans un restaurant de seconde zone. Ce qui est arrivé, et si elle peut ou non s’en souvenir, est à la base du drame.

Cependant, c’est beaucoup plus qu’un thriller à questions. Non seulement il a un solide casting – Bobby Cannavale, Sissy Spacek, Dermot Mulroney entre autres – mais il y a aussi à sa tête Sam Esmail de Mr Robot, un réalisateur au talent singulier, capable de donner à la scène la plus simple un sentiment de malaise voire d’angoisse.

 

Certes la série comporte quelques longs plans compliqués et stylisés peu utiles et la musique d’orchestre est archaïque et distrayante, comme dans les films d’Hitchcock. C’est parfois au détriment de Homecoming. Mais ailleurs, quand Esmail reproduit l’esprit du réalisateur plutôt que ses prises de vue, cela fonctionne comme un rêve.

Bobby Cannavale incarne avec talent le salaud de service. Il est l’opportuniste représentant de Geist, en charge du programme « Homecoming » – censé aider les anciens combattants à retrouver le chemin de la vie civile. Il est généralement seul, sur les terrains de golf, lors de fêtes d’anniversaire, dans des parkings, dans un laboratoire en Asie, et toujours aboyant dans une oreillette au téléphone avec Heidi.

Mais c’est avant tout le spectacle de Julia Roberts. Et je dois admettre qu’elle est excellente. Elle a un rôle difficile qui, dans d’autres mains, aurait pu sembler morose et unidimensionnel, mais son énorme sourire  – qui dans d’autres films m’a agacée – s’emploie à humaniser son personnage.

Ainsi, ses scènes avec Stephan James, qui joue un ancien combattant, l’obligent à faire appel à un métier plus silencieux et en retrait qu’aucun de ses autres rôles.

Les mystères vivent et meurent quand on les révèle. Thomas Carrasco (Shea Whigham), employé de l’inspecteur général du ministère de la Défense, est là pour enquêter sur une plainte concernant le programme. Et de tomber dans le terrier du lapin…

Non, je ne vais pas spoiler l’histoire. Elle a un début et une fin et c’est suffisamment rare pour ne pas vouloir gâcher ça. L’intrigue porte ses fruits dans une série structurée qui ne déçoit pas.

Finalement, je ne sais pas encore si Homecoming est un thriller psychologique sur les effets de la guerre ou une satire sur notre inefficacité en tant qu’être humain. Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous recommander cette série et souligner le format : 10 épisodes de 30 minutes et rien à jeter.

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