After Life de Ricky Gervais : un moment de vie

Written by murielle

Dans son humour et sur twitter, Ricky Gervais est un provocateur. Il est volontairement scandaleux mais jamais gratuitement.

Sa mission est d’offenser, en partie pour l’effet comique et aussi par une envie enfantine de tester les limites de son public. Avec After Life, il continue ce qu’il sait faire avec talent.

Ricky Gervais est celui qui cisèle ses traits d’humour, qui peut expliquer le pourquoi du comment, qui travaille de bout en bout la situation comique. Il est tout autant auteur que comédien. Il ne copie rien, il crée et le fait avec intelligence.

Après The Office, Extras et Dereck, sa nouvelle série After Life est un bijou d’humour noir, d’humour moins noir et de réflexion touchante et sérieuse sur la vie, le deuil, l’amour et l’utilité du journalisme local… Ou pourquoi il faut être gentil avec les autres même s’il n’y a pas de conséquences et de bénéfices évidents.

After Life c’est un moment de la vie de Tony, quelques temps après la mort de sa femme. Il est journaliste dans une gazette locale à Tambury, tenue par son beau-frère et ami Matt. Son père (David Bradley), qui souffre d’Alzeihmer, est en Ephad.

Tony se fout de tout ou presque. La douleur le rend cynique, pour notre plus grand plaisir, franc, trop franc, imperméable aux autres. Mais jusqu’à un certain niveau.

La montée de l’impolitesse sans filtre de Tony est relativement de courte durée – avec toutefois un passage excellent et un affrontement avec un enfant de 8 ans – impossible à retranscrire tant c’est choquant à l’écrit et excellent à l’oral.

C’est aussi ça le grand talent de Gervais, nous faire rire de choses choquantes parce qu’à aucun moment, ce qu’il dit n’est pensé sincèrement.

Bref, cette montée en cynisme s’arrête quand Tony interviewe des habitants de ce petit village tranquille, et réalise que chacun vit une douleur, différemment, parfois avec cocasserie.

En fait, After Life n’est pas une comédie mais un conte moral avec des éléments amusants. Tony n’est pas dans l’effet comique tout le temps, certes les saillies sont magnifiques et font rire à gorge déployée, mais les moments touchants sont tout aussi forts voire dramatiques dont le suicide par overdose du « junky » du coin…

Surtout, Ricky Gervais sait s’entourer de visages comiques familiers anglais. L’épouse défunte de Tony est jouée par Kerry Godliman (sa partenaire dans Derek) qui apparaît dans une série de flasbacks filmés et dans une série de messages vidéo.

Tom Basden de Plebs, est un autre acteur remarquable, parfaitement maladroit et charmant en Matt qui tente de naviguer entre les sautes d’humeur de Tony. L’infirmière de l’Epahd (Ashley Jensen d’Extra) sera enfin le réconfort, qui donnera une tournure naturelle et chaleureuse à cette histoire.

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