La mort de Lyra McKee

Written by murielle

La mort par balle de la journaliste et auteure nord-irlandaise Lyra McKee hier soir est une tragédie pour ceux qui l’ont connue et aimée mais bien plus encore.

Lyra aurait du faire partie de l’avenir de l’Irlande du Nord. Celle qui se décrivait elle-même comme « un bébé du cessez-le-feu », trop jeune pour avoir connu les 70 et 80, avait fait preuve de courage et curiosité pour explorer l’histoire de son pays. Ayant grandi au nord de Belfast, elle avait écrit sur la forte augmentation du nombre de suicides qui accompagnait la paix et a observé que les traumatismes faisaient partie de l’héritage de sa génération.

Déterminée à dépasser le sectarisme et l’étroitesse d’esprit du passé, elle a ainsi écrit et parlé de l’impact de l’homophobie qui faisait partie de son éducation catholique. Dans une lettre ouverte à son adolescence, elle décrit plaider auprès de Dieu pour obtenir de l’aide lorsqu’elle comprend qu’elle est lesbienne et s’excuser lorsqu’elle le dit à sa mère.

Mais loin de tourner le dos à la religion ou d’éviter les intolérants, elle croyait en la valeur des conversations difficiles et invitait les autres à rechercher ceux qui n’y étaient pas favorables. Elle voulait changer l’enseignement religieux sur la sexualité et aider d’autres jeunes.

Et bien que ses luttes personnelles reflétaient celles du XXIe siècle – en tant que femme homosexuelle, elle luttait contre les préjugés et le sectarisme dirigés contre la communauté LGBTQ locale – elle pouvait dialoguer avec des personnes de tous les horizons, y compris des chrétiens évangéliques conservateurs.

Cependant, sa mort, lors des émeutes de LondonDerry – Derry pour les Républicains – porte aussi une signification politique. Comme un avertissement. Bien que les troubles aient officiellement pris fin avec l’accord de paix du Good Friday – trente ans d’une guerre civile entre les communautés, catholique républicaine d’un côté (en faveur d’un rattachement à la République d’Irlande) et protestante unioniste de l’autre (pour le maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni) – les tensions demeurent.

Nous voici 25 ans après le cessez-le-feu et plus de deux décennies depuis l’accord de paix et une journaliste est tuée par des paramilitaires.

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