50/50

L’histoire:  Adam, 27 ans, se plaint de douleurs au dos et d’essoufflement. Sa vie bascule le jour où il est diagnostiqué avec une forme de cancer qui, comme lu sur le net, lui donne une chance de 50/50 de survie. Il l’annonce alors à sa petite amie, son meilleur ami et sa mère qui, tous trois, vont réagir différemment à la nouvelle et conduire le jeune homme à s’interroger sur la manière dont il veut vivre cette épreuve. Avec l’aide et parfois l’entrave de la part de ses amis, de sa famille et des autres patients, Adam va arriver à traiter sa situation avec humour.

L’absence d’apitoiement sur soi et de sentimentalité est bienvenue dans un film qui traite de la maladie et de la mort. Ici pas de pathos, même quand la mort prend le dessus, on oublie de pleurer. Ben oui, c’est censé être une comédie. On voit donc Kyle (Seth Rogen) profiter de la maladie de son pote pour essayer d’emballer des filles.

Est-ce que j’ai ri? Pas trop. Est-ce que j’ai aimé? Pas trop.

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Le film est basé sur une histoire vraie (le pote de Rogen a souffert d’un cancer) et le scénario est une bonne idée. Mais le film est raté. On a droit aux clichés: Adam se rase la tête avec l’aide de Kyle, Adam fume du shit, Adam se fait des amis pendant la chimio qui lui donne une leçon de vie, Adam est toujours joli et sexy malgré la maladie. Ah oui, on voit Adam vomir (une fois) mais aucun autre symptôme grave qui pourrisse la vie du cancéreux. Il est fatigué et n’ira pas au bout d’une relation sexuelle avec une fille d’un soir. Et c’est tout.

Le cancer d’Hollywood est vachement plus sympa qu’ailleurs. Bon en même temps, c’est vrai que je ne m’attendais pas à (ou ne voulais pas) voir un catalogue des symptômes de la maladie. Cependant, un peu plus de réalisme n’aurait pas fait de mal. Quant à la comédie. Bof. Il n’y a rien de drôle. Les scènes avec Seth Rogen qui sont censées faire rire, tombent à plat, pas de répliques qui tuent, pas de cynisme, pas de gags. Rien.

Et puis je crois que j’en ai un peu marre de la misogynie des personnages. Dans beaucoup de films écrits par Rogen, les femmes sont des salopes égoïstes, au mieux sans charme, au pire hystériques. Et là, c’est encore le cas. La petite amie d’Adam est une salope incapable de s’occuper de lui. On ne lui donne pas une chance de s’adapter au bouleversement que la maladie peut avoir sur elle. Elle devrait cuisiner et « lui faire des pipes » (dixit Kyle). Elle n’a pas droit à une chance. L’agressivité avec laquelle Kyle parle des filles est limite choquante. Est-ce censé être drôle et héroïque? J’ai juste trouvé ça rustre, moche et sexiste. J’aime beaucoup Joseph Gordon-Levitt, vraiment beaucoup. Mais à part une scène ou deux, il ne brille pas, il assure le service minimum…

Vivement de le voir dans un autre film. Quant à Rogen, il peut rester dans sa grotte.