De quoi j’me mêle?

Gérard Depardieu est parti « s’exiler » en Belgique pour payer moins d’impôts. Le geste est égoiste, stupide voire pathétique. Mais de quoi se mêle l’acteur-citoyen auto-proclamé défenseur de la culture française Philippe Torreton? Sa lettre ouverte à Depardieu via Libé est d’un pathos ridicule:

On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés… Adieu.

Un long texte plein de mauvaise foi et de contradictions parce que la seule chose que l’on ne puisse pas reprocher à Depardieu est son manque de sincérité. Même dans le mauvais rôle de sa vie il n’a jamais prétendu être un autre. Il est lui-même, sympathique ou antipathique mais il est lui-même. Et parce qu’avant de s’attaquer à Depardieu dont on connait depuis bien longtemps les amitiés ambigües, les dérapages incontrolés, les ratés et les réussites, il y a plein de gens comme la famille Mulliez (Auchan et Decathlon), Bernard Arnault, et tous les autres industriels, sportifs, artistes qui préfèrent l’air monegasque, belge ou suisse.

Je préfère mille fois la phrase du formidable Philippe Geluck: La Belgique ne peut pas accueillir toute la richesse du monde