Amen

L’État irlandais a finalement dit désolé aux femmes et jeunes filles incarcérées dans des blanchisseries catholiques dirigées par l’Église où elles ont été traitées comme des esclaves. Environ 30000 femmes y furent envoyées entre 1922 et la fin des années 80. Leurs seuls torts étaient parfois simplement d’être issues de foyers brisés, d’avoir été violées (parfois par un prêtre) ou d’être mères célibataires.

Le premier ministre Enda Kenny a été contraint à présenter ses excuses mardi soir à celles qui furent détenues dans les blanchisseries Magdalene en Irlande.

Magdalene Survivors Together leaving Leinster House in Dublin
Magdalene Survivors Together leaving Leinster House in Dublin

Les excuses du Dáil (Parlement irlandais) sont  venues environ deux semaines après la publication d’un rapport accablant de plus de 1000 pages, détaillant la façon dont les femmes et les filles ont été maltraitées à l’intérieur des blanchisseries contrôlées par des religieuses.

Les groupes de survivantes ont été furieux lorsque le premier ministre irlandais a d’abord refusé il y a une quinzaine de jours d’offrir explicitement des excuses sur le rôle de l’État dans l’envoi des femmes et des filles dans les blanchisseries.

Kenny a dit: « Le stigmate de l’image des résidentes … dans les blanchisseries Magdalene doit être enlevé. » Et bien non. Un stigmate ne s’enlève pas. Le stigmate de ces femmes survivra comme un rappel de la façon inhumaine dont les innocent(e)s peuvent être traité(e)s par des institutions soi-disant caritatives. Un stigmate pour rappeler que l’Irlande, encore une fois, a bien du mal à accepter qu’une femme a autant de valeur qu’un homme. Et qu’il est temps que l’Église cesse de se mêler des affaires de l’État…

Et ce soir j’ai une pensée émue pour la maman de mon ami Pete qui fut une des pensionnaires. Et qui a survécu pour témoigner. Son tort ? Avoir aimé… et être tombé enceinte.

Et un film formidable réalisé par Pete Mullan, The Magdalene Sisters.