il faut viser la tête

stopped-deadLes films de zombies sont comme les sandwiches ou les jeux olympiques; chaque nation doit avoir le sien. Depuis la renaissance néo-zombie sérieusement commencée par Danny Boyle et ses 28 jours plus tard , nous avons eu les zombies américains Zombieland (qui est aussi un des meilleurs films qui se moque des valeurs culturelles de l’Amérique d’aujourd’hui), et le retour de George A Romero, les zombies rigolos londoniens de l’excellent Shaun of the Dead, les zombies espagnols REC,  les zombies serbes Zone of the Dead et les zombies cubains Juan of the Dead. Depuis peu il y a également Warm Bodies.

Mais surtout… il y a The Walking DeadLa saison 3 vient de se terminer et ça me manque déjà.

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The Walking Dead est une série télévisée d’horreur américaine, adaptée par Frank Darabont et Robert Kirkman, créateur de la bande dessinée éponyme.

L’histoire en quelques mots: Rick Grimes, un shérif, découvre après un long coma que la quasi-totalité de la population a été transformée en zombies – les walking dead. Je vais vous épargner des pages de pourquoi j’aime vraiment énormément The Walking Dead. (désolée nethic). Les acteurs sont formidables, les zombies aussi, il y le bon dosage de pathos et d’horreur, tout est bien.

Je me demande surtout pourquoi dans la culture populaire je préfère les zombies aux vampires. Il suffit de surfer un tant soit peu sur le net pour voir combien le sujet est pris au sérieux.

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Les zombies sont des antagonistes utiles, parce qu’ils sont à la fois une menace pour l’environnement et un danger spécifique, enveloppé dans un paquet fait de malaise et de paranoïa. Les rituels haïtiens sont souvent cités comme à l’origine des zombies: rituels vaudous produisant des cadavres animés ou automates sans cervelle. Mais culturellement, en occident, on retrouve les zombies dans une littérature assez large qui aborde la solitude humaine et notre capacité à faire face aux catastrophes.

Une théorie suggère que la popularité relative des vampires et des zombies correspond en partie aux cycles économiques. En période de boom, la théorie dit que les zombies deviennent populaires, en partie en raison de leur association avec le consumérisme aveugle; en récession, les vampires sont de retour, avec leur tendance à la  culpabilité et doute de soi. Ouais bof. Ces dernières années, la corrélation semble bien moins stable – la crise économique pourrait être source de confusion dans la relation zombie / vampire, que même les économistes ne peuvent expliquer.

Là où les vampires jouent sur la séduction, la sexualité capiteuse et une touche subtile de domination, les zombies sont des victimes malheureuses et malchanceuses, à plaindre individuellement, mais à craindre collectivement. Là où les vampires sont immuables à jamais, les zombies sont en décomposition, chancelants sur le point de tomber. Historiquement, tandis que les vampires sont contrôle et envoûtement, les zombies eux, sont contrôlés et dominés. Et puis personne ne tombe amoureux d’un zombie.

Alors pourquoi cette attirance, eh?

Les zombies peuvent être le reflet de nombreuses peurs modernes. Une peur de ces menaces insidieuses, une guerre ambiguë dont on ne sait quel parti prendre, les maladies épidémiques, le consumérisme aveugle – tout ceci a une résonance avec les histoires de zombies.

Romero lui-même a nié que les zombies étaient une métaphore de quelque chose de spécifique, et de les appeler tout simplement « une catastrophe mondiale face à laquelle les gens ne savent pas comment réagir ». Les histoires de zombies ne sont pas sur la catastrophe elle-même mais sur la manière de répondre à cela: les choix que l’on fait, la façon dont on décide de vivre ou de mourir, ou de trouver l’amour. Vouloir continuer à vivre et aimer dans les cendres de la société

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