cmd + retour

blogDonc… il y a quelques semaines de cela – après avoir connu un passage à vide – je m’étais fixée quelques nouveaux petits défis. Je suis en plein dedans et ma foi cela ne va pas trop mal.

Je suis plutôt contente. Mon cerveau a besoin de retrouver certains automatismes, d’en créer des nouveaux et surtout d’en oublier d’autres. Quand un évènement bouleverse notre vie, nos repères, nos ressentis, nos habitudes, tout est mis sens dessus dessous. C’est bizarre parce qu’on le réalise seulement avec le temps, longtemps après. On sait que certaines choses seront différentes mais les jours passent, les mois, les années et on ressent que les choses sont différentes seulement maintenant. Des parfums s’estompent et manquent cruellement, les bruits familiers ne sont plus les mêmes. Le corps apprend ce que le cerveau savait depuis longtemps. Seul le chagrin reste. Et le manque, qui emplit tout l’espace.

Il n’y a pas mille façons de s’y faire. Simplement accepter. En aussi en parler mais il faut trouver l’interlocuteur. Alors pour  moi, ce fut aussi et surtout écrire. Écrire écrit écriture. Ce qui est parfois stupide. L’un des signes que je devais remettre mon cerveau et mon corps en marche était le fait que je tentais d’écrire pour remplir le vide. Tout cet espace pour moi seule, sans plus personne pour le partager. Un espace vide. Une grande table, un grand sofa, des grands placards, un grand lit. Un appartement trop souvent silencieux.

Si je tentais d’écrire un article pour le blog, ou un papier pour lequel j’allais être payée, ou un e-mail à un ami, ou quelque chose comme ça – j’allais rester chez moi et me distraire avec un milliard d’autres choses jusqu’à ce qu’il me fasse 12 heures pour faire mon chemin à travers 500 mots , dont aucun – j’en étais convaincue – n’était le bon pour dire tout ce que je voulais exprimer.

homer-simpson-brain

Une partie de ma nouvelle vie est de ne plus être capable de me concentrer sur une chose, et de ne plus vouloir penser sur le long terme. C’est pas si mal.

Donc je me suis assise à ma grande table/bureau de travail, et pendant plus d’une semaine j’ai beaucoup écrit. Je n’ai pas regardé la télé, ni des séries, ni des films. J’ai dessiné, trié les photos et fini un site. J’ai effacé beaucoup de paragraphes, sauvegardé un peu de texte mais je l’ai fait. Je suis fatiguée et ma concentration s’en ressent. Mais je vais bien. L’espace se remplit à nouveau.

Ce qui est une bonne chose. Apprendre à être dans l’instant présent, aimer les visites surprises d’amis formidables et ô combien patients, les sorties improvisées, les moments de travail en commun, les bouteilles de vin partagées.

Ça m’a aussi appris d’autres choses, que je vais noter ici au cas où mon cerveau connaisse à nouveau une panne et que mon coeur batte trop fort à faire souffrir.

 

  1. Je peux décider quelque chose de difficile, d’extrêmement douloureux, m’y tenir et ne pas céder.
  2. Je ne suis plus la même Murielle. Je m’y fais. Il faudra que les autres s’y fassent aussi.
  3. Je peux me lancer dans quelque chose et ne plus avoir peur.
  4. Je veux être aimée avec mon caractère, mes idées, mes certitudes et mon humour bizarre.
  5. Si je le veux, je peux écrire facilement et beaucoup. Ce ne sera jamais de la grande littérature mais mes mots sont lisibles, pour la plupart d’entre eux correctement orthographiés et ils disent quelque chose.

Voilà, c’est tout. J’avais simplement envie de le noter et le partager avec vous. Parce qu’il y a parmi vous des bloggers que je lis, et qui traversent des moments comme les miens. Parce qu’aussi le mettre en ligne au vu et su de tout le monde m’oblige à m’y tenir. C’est la même chose qu’arrêter de fumer ou se mettre au régime. Si on le dit, on se sent un peu obligé de le faire.

ps: cela fait deux ans aujourd’hui que je tiens ce blog. Un déménagement et quelques vagues dans la vie réelle, un changement de nom de site et d’hébergeur plus tard, je suis toujours là et vous aussi! Encore plus nombreux. Merci aux anciens, aux nouveaux, à ceux qui commentent (si vous saviez combien c’est important),  à ceux qui ne font que lire, aux followers et aux curieux qui reviennent.