Ce qu’il m’arrive de penser …

…et un livre

Bientôt les élections municipales en France. La date limite pour le dépôt des candidatures est demain. Et après avoir lu les programmes des partis qui se présentent dans ma ville, je ne sais toujours pas pour qui voter. Qu’on me donne l’envie. Pourtant je me considère comme une bonne citoyenne. Je m’intéresse à la politique, je vis et agis dans le monde et je m’informe. Comme le dit le philosophe J.C Van Damme, je suis « aware ».

C’est donc la dernière ligne droite avant les élections. Et le 23 mars, j’irai sans aucun doute au bureau de vote, sans motivation mais par respect pour ceux et celles qui se sont battus pour ce droit. Je montrerai ma carte d’électeur. Je prendrai les petits papiers. Je tirerai le rideau. Et je serai fortement tentée par le vote blanc. (plus d’infos ici)

Non pas par apathie politique.

Mais parce-que je n’ai pas envie de donner ma voix à un système que j’estime avarié. Je souhaite exprimer mon refus de choisir parmi les candidats en lice et les programmes qu’ils portent.
Je ne me reconnais dans aucun d’entre eux. Je ne suis pas dans le discours du tous pourris; je suis certaine que dans la masse, certains ont des valeurs. Mais…

vote-01

 

Mais.
Il y a une énorme différence entre la théorie politique et la politique en pratique.
Il y a une énorme différence entre les problèmes économiques et sociaux et la compréhension politique de ces causes.
Il y a une énorme différence entre l’idéologie politique et l’idéologie de ceux qui doivent l’appliquer.
Il y a une encore plus grande différence entre les promesses/programmes de campagne et l’implémentation de la législation.

 

Je suis sérieusement irritée par les carriéristes politiciens qui sont copains, collègues, qui font les fêtes ensemble, qui se donnent du « tu », se retrouvent dans les manifs où il faut se montrer – celles qui font parler dans les journaux régionaux – et puis sont parachutés dans les bureaux de la mairie ou d’autres instances.

Je suis assez politisée mais j’avoue avoir depuis quelque temps un manque de confiance envers la majorité des idées politiques, mais aussi envers les hommes et femmes eux-mêmes.

Ces personnes qui s’arrangent avec la vérité, se disent d’un camp et se retrouvent dans un autre, cherchent des supports quitte à s’éparpiller et accordent trop d’importance à leurs comptes facebook et autres réseaux sociaux (quitte à tricher avec le nombre des « j’aime » et inonder les timelines). Je passe suffisamment de temps avec des personnes touchées par la fracture numérique – pauvre accès à internet, manque de connaissance, handicaps divers, etc. – pour savoir que beaucoup dans le besoin ne s’informent ou ne s’expriment pas en ligne. C’est déjà assez difficile de faire entendre sa voix dans la « vie réelle ».

Quoique… c’est intéressant le world wide web quand on sait le pratiquer. Tel un ninja vieillissant, il suffit d’être un « lurker ». Ne pas participer mais observer et suivre. Lire ce que pensent les colistiers de chaque parti sous l’impulsion du moment, quand ils tapent plus vite qu’ils ne pensent, quitte à se contredire quelques tweets ou posts plus loin. Les commentaires à l’emporte pièce aident aussi à se faire une idée des personnages qui veulent « nous/me » représenter. On en sait toujours plus ainsi que par les meetings où les questions sont sélectionnées, les notes apprises par cœur et où on suit la ligne du parti. Aucun activiste politique (et accessoirement internaute) n’a encore saisi mon attention pour des raisons positives.

droit-de-vote-elections

 

Les enjeux sont beaucoup plus prosaïques que certaine réticences à voter, mais l’origine est beaucoup plus trouble et culturellement ancrée dans la philosophie et l’aspiration de la politique.
Comment l’éducation et, par extension, le système éducatif de la classe politique impuissante et dénaturée peut être un modèle de réussite dans cet état dysfonctionnel?

C’est le même débat encore et toujours. Et la position à adopter se résume essentiellement à deux points:
– La seule façon de changer les choses, c’est de voter ou de relever les manches. Si je ne vote pas, je n’ai pas mon mot à dire. Par conséquent, pour participer, je dois voter.
– Voter ne change rien. Il s’agit d’un simple échange entre les différents degrés d’une même idéologie, tenue par des gens qui ne sont presque jamais entièrement affectés par les décisions prises.

Il y a sûrement un poney quelque part…

Politique.
Lutte d’intérêts déguisés en débat de grands principes. Conduite d’affaires publiques pour un avantage privé.
Ambrose Bierce – Le Dictionnaire du Diable