God help the girl

Si vous connaissez Belle and Sebastian – le groupe indie écossais – vous connaissez les histoires poétiques de sexe raté sur l’évier de la cuisine, de ruptures qui tournent mal et de la recherche romantique et désespérée de l’amour vrai. Stuart Murdoch, pilier du groupe, a, dans son premier film en tant que réalisateur, transformé ses chansons en une guirlande de récits qu’il a accroché autour du cou de son héroïne. C’est joli et fragile mais ce n’est pas que ça.

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God help the girl est un rêve musical glasgowien, encombré de mixtapes, de friperies, et de football dans le parc, un film comme un hommage à Bill Forsyth et Jacques Demy.

Emily Browning joue Eve, une jeune fille dépressive et anorexique qui s’enfuit de l’hôpital pour poursuivre une carrière de chanteuse. Elle rencontrera Eve (Hannah Murray) et James (Olly Alexander) musicien la nuit et improbable maître-nageur dans une piscine de l’université alors qu’il ressemble à un gamin de cinq ans dans son T-shirt et son maillot de bain.

Browning est belle et le réalisateur le sait bien. Il filme son bob châtain, ses yeux noisette et ses genoux nus comme un écolier frappé de luxure face à sa maitresse, sur le point de se réfugier dans les toilettes les plus proches.

 

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Loin d’être un chef d’œuvre c’est un film chaleureux et généreux, à la limite du sentimental. Un film qui cristallise le bon et le moins bon de Belle avec le talent d’écriture de chansons de Sebastian. Si vous êtes un fan de la musique lunatique voire confuse de Murdoch, alors vous allez savourer sans aucun doute ses images qui le sont tout autant.  Mais j’espère aussi que les non-croyants et les cyniques, vont reconnaître la sincérité totale du film. Il est maladroit – comme doit l’être un premier film – mais il est vrai.

Personne n’a jamais pleuré à une chanson de Bowie.