KAPOW!

Il y a quelques jours, une starlette anglaise admettait sans aucune honte avoir frappé deux de ses ex – l’un d’eux étant  Jason Statham – par frustration et jalousie. Et voilà. C’est tout, une seule question posée par le journaliste, fut répondue avec un fou rire « Je ne vais pas le faire dans l’avenir, je vais juste choisir avec plus de sagesse les hommes avec qui sortir.« 

Ah ben oui, ça va tout résoudre. Si vous vous trouvez à puncher à plusieurs reprises vos partenaires dans le visage, tout ce que vous devez faire est de continuer à changer de partenaire, jusqu’à ce que vous trouviez celui que n’aurez pas envie de frapper.

Sa vision du monde est à la fois triste et sans surprise. Notre compréhension de la culture de la violence et du sexe est déterminée par un récit binaire implacable qui maintient notre croyance – inconscient collectif – que les hommes sont les problèmes et les femmes ont des problèmes.

C’est un mème culturel qui semble avoir pris une résidence permanente dans les mentalités. Les hommes doivent protéger les femmes et les enfants ou les femmes, et les enfants doivent être protégés contre les hommes et leur patriarcat.

Trivialiser la violence domestique, quel que soit le sexe, le perprétateur, est incroyablement dangereux. Il y a peu de place pour l’auteur féminin ou la victime de sexe masculin dans le discours moderne dominant autour de la violence et du sexe.

C’est une histoire où il n’y a que deux grands rôles proposés aux hommes – l’auteur masculin malsain ou le protecteur masculin équilibré. On propose également aux femmes un choix limité, entre être la malheureuse victime de la violence masculine ou la vainqueur héroïque qui se bat pour surmonter les problèmes que les hommes causent.

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C’est devenu trop banal. Ces deux schémas sont tellement familiers pour quiconque a un peu vécu, écouté, observé ou au pire regardé au cinéma ou à la télé, une comédie romantique par exemple.

Un couple se chamaille et à un moment donné le bonhomme mentionne quelque chose d’inacceptable dans un accès de colère. Notre héroïne répond avec une claque, bien retentissante sur le visage, et l’argument s’arrête là. Un autre scénario montrera l’homme ouvrant une porte pour se prendre une belle gifle voire un coup bien placé par sa fiancée/son ex/sa future qui n’a pas trouvé les mots pour s’exprimer comme un être humain.

On a vu Meg Ryan, Jennifer Aniston, Allison Williams et bien d’autres le faire à l’écran. Parfois, après la gifle, le couple enchainera avec une scène d’amour  – comme c’est la coutume –  avec « déchirage » de robe, fesses contre la commode, et orgasme bruyant.

Bref, la culture populaire donne l’impression qu’une femme violente c’est plutôt sexy. Ça montre qu’elle a du caractère. Ça doit même passer pour amusant parfois.

La scène inversée montrerait la misogynie et l’agressivité des hommes quand ils sont hors de contrôle, mais ici on s’attend à rire, ou même à être excité par le recours à la violence pour exprimer sa colère ou sa frustration.

Et les jeunes femmes en prennent note puisque d’après une enquête, une femme sur sept admet frapper son compagnon quand elle est en colère ou lors d’une dispute. Les femmes dans des relations violentes sont aussi plus susceptibles de riposter, et de dire publiquement qu’elles l’ont fait.

Or une gifle reste une gifle. C’est le geste qui passe quand une femme le fait alors que le même geste serait (à juste titre) considéré comme répulsif venant d’un homme. (Il faut tout de même signaler que la violence domestique reste un problème qui est perpétrée principalement par les hommes).

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Alors, que pouvons-nous apprendre du refus de Brook à assumer la responsabilité de sa propre violence ? Elle n’est manifestement pas une femme ordinaire, mais le script qu’elle suit l’est.

Ce dont les victimes ont besoin, est de personnes extraordinaires avec la sagesse de créer une nouvelle histoire publique sur la violence qui donne la parole à des hommes et des femmes dans toute leur diversité.